Bulletin de l'opposition
Mots clés : opposition, bulletin
Le passage du pouvoir à l'opposition requiert souvent une certaine période d'adaptation. Élu pour la première fois le 14 avril dernier, le député de Joliette, Jonathan Valois, a immédiatement trouvé le ton juste et n'a fait qu'une bouchée de la ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, dans le dossier des garderies. La recrue de l'année au PQ. A.
Il arrive que certains se révèlent dans l'opposition. Maxime Arseneau a eu la chance d'hériter du dossier de l'article 45 et il a su en profiter. Il est vrai que l'attitude butée du ministre du Travail, Michel Després, qui n'a même pas essayé d'expliquer les raisons d'une modification aussi importante au Code du travail, lui a donné beau jeu. B.
Bernard Landry a fait une fleur à François Legault en lui confiant les finances. Son vocabulaire simple -- simpliste, disent ses détracteurs -- a le mérite d'une clarté qui contraste avec l'extrême confusion des propos d'Yves Séguin, dont chaque explication rend les choses un peu plus incompréhensibles. B.
La députée de Taschereau, Agnès Maltais, qui n'avait guère impressionné dans les diverses fonctions qu'elle a occupées dans les cabinets Bouchard et Landry, démontre une fougue qu'on ne lui connaissait pas. Son chef pourrait lui confier des responsabilités plus importantes que celle de porte-parole en matière d'habitation. B-.
En revanche, Diane Lemieux est demeurée égale à elle-même. Elle avait un dossier en or avec les défusions municipales, mais elle n'a pas beaucoup dérangé Jean-Marc Fournier. En adoptant une position de refus absolu alors qu'il s'agissait à l'évidence de trouver le moindre mal, comme l'avait très bien compris le maire Tremblay, elle s'est en quelque sorte marginalisée. C.
La «réingénierie» offrait une cible de choix à Sylvain Simard, mais Monique Jérôme-Forget l'a envoyé au plancher dès le départ lorsqu'il a voulu y voir une opération de patronage à grande échelle. Il s'est fait rappeler qu'à l'époque où lui-même était président du Conseil du trésor, il avait suggéré à un entrepreneur de s'adresser à une firme de consultants péquiste. C.
Au pouvoir ou dans l'opposition, Richard Legendre a toujours été une énigme pour moi. Sur papier, il a tout pour réussir en politique, mais on dirait que cet ancien champion de tennis ne réussit jamais à marquer le point de match. Il lui manque peut-être ce qu'on appelle l'instinct du tueur. Ses interventions passent pratiquement inaperçues. C.
Camil Bouchard est une autre vedette dont on attend beaucoup. Il avait Claude Béchard dans les câbles sur la question de la lutte contre la pauvreté, mais il s'est contenté de le picosser de façon inoffensive. C.
Normalement, le dossier de la santé est du bonbon pour l'opposition, et Louise Harel est une politicienne accomplie. C'était sans compter avec Philippe Couillard, qui l'a charmée dès le départ. Elle a même dit à tout le monde qu'elle le trouvait formidable. Il lui a cloué le bec dans le dossier de Saint-Charles-Borromée en lui soulignant que l'exploitation politique d'un drame humain était un terrain extrêmement glissant. Elle n'a pas insisté. C-.
Pauline Marois semble être restée marquée par la malheureuse phrase qu'elle avait laissé échapper à la toute fin du film de Jean-Claude Labrecque, À hauteur d'homme. On dirait qu'elle a tellement peur d'être accusée de vouloir «faire de la marde» qu'elle préfère se faire le plus discrète possible. Elle connaît parfaitement le dossier de l'éducation. Normalement, Pierre Reid aurait dû être une proie facile pour elle. Il est vrai qu'il ne semble avoir besoin de personne pour se caler. C-.
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Mario Dumont a mis beaucoup de temps à se remettre de la dégelée que l'ADQ a prise le 14 avril dernier. Jusqu'à présent, toutes ses tentatives pour rehausser le statut de son parti à l'Assemblée nationale ont échoué. On peut comprendre qu'il recherche désespérément un peu de visibilité, mais il n'améliore pas sa crédibilité en s'associant de façon démagogique à ceux qui réclament la réouverture de l'enquête sur la prostitution juvénile à Québec. C-.
Jean-Pierre Charbonneau continue de cultiver les défauts de ses qualités. C'est très bien d'avoir son franc-parler, mais il a depuis longtemps la détestable habitude de l'utiliser pour marquer dans le but de son équipe. Pendant toute la session, Jean-Marc Fournier a pris un malin plaisir à rappeler sa vive critique des fusions forcées. Son chef a beau laisser clairement paraître qu'il ne veut plus rien savoir de la réforme du mode de scrutin, le député de Borduas s'entête à en faire la promotion. D.
André Boulerice a agi de façon inqualifiable avec ses voyages «sur le bras» en Chine et au Maroc, qui le plaçaient à l'évidence dans une situation de conflit d'intérêts. Ses explications ont été d'une mauvaise foi grossière. E.
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Depuis son élection à la présidence, Michel Bissonnet a confondu tous les sceptiques qui doutaient de sa capacité à assurer la bonne marche des travaux de l'Assemblée nationale. Son style très personnel, qui allie la bonhomie, la fermeté et l'humour, lui ont valu le respect et l'estime de ses collègues. A.
P.-S.: il y avait deux omissions regrettables dans ma chronique de mardi, consacrée au bulletin du gouvernement. J'accorde ainsi un B au ministre délégué aux Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, qui a vu ses patients efforts récompensés par la création du Conseil de la fédération. En revanche, Lawrence Bergman mérite un D pour son entêtement à créer une «police parallèle» au ministère du Revenu, malgré l'opposition de la Commission d'accès à l'information, de la Protectrice du citoyen, du Barreau du Québec et de l'Ordre des comptables agréés.
mdavid@ledevoir.com
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Un F- pour Michel David - par FARID KODSI (farid.kodsi@sympatico.ca)
Le vendredi 19 décembre 2003 18:00

