Assurances - La fraude a coûté 1,3 milliard aux compagnies en 2003

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Édition du jeudi 18 décembre 2003

Mots clés : fraude

Le BAC publie le palmarès des dix fraudes de l'année

Toronto - Le cycliste croyait avoir pensé à tout afin de flouer son assureur. Il s'était fait renverser par la voiture de sa compagne, puis s'était enfoncé un cure-dents dans une narine pour provoquer une hémorragie.

L'«astucieux» cycliste a obtenu 22 000 $ de dédommagements. Mais la stratégie -- au palmarès canadien des dix fraudes à l'assurance de 2003 rendu public hier par le Bureau d'assurance du Canada (BAC) -- s'est retournée contre lui.

L'homme s'est en effet retrouvé en cour après que les enquêteurs de la compagnie d'assurances eurent découvert qu'il avait demandé à sa copine de le renverser exprès, et qu'il s'était ensuite blessé au nez afin de faire couler le sang -- et l'argent.

Le cycliste sans scrupules figure au nombre des Canadiens ayant fait des réclamations frauduleuses passées à la petite histoire des assurances, cette année.

Rien de drôle

Un autre cas implique une femme ayant organisé tellement de folles soirées que s'en est retrouvée en très mauvais état la maison achetée grâce à une indemnité de 250 000 $ obtenue à la suite d'un accident de voiture. La fête a pris fin lorsqu'elle a mis le feu à la demeure, avec l'aide de son compagnon, puis a réclamé une compensation pour des objets qui avaient été endommagés par la fumée, selon elle, mais qui avaient ensuite été retrouvés chez des prêteurs sur gages.

Bien que les combines des fraudeurs puissent faire sourire, il n'y a rien de drôle dans le coût -- 1,3 milliard en 2003 -- de la fraude à l'assurance, a indiqué un responsable du BAC, Rick Dubin.

«Je suis toujours étonné que des gens croient pouvoir échapper aux conséquences de leurs actes irréfléchis pour frauder les assureurs et représenter ainsi un fardeau pour les titulaires de police honnêtes», a déclaré M. Dubin, vice-président aux enquêtes au sein du BAC. «La fraude à l'assurance est coûteuse pour nous tous», a-t-il ajouté, précisant qu'au moins 15 pour cent des primes d'assurance servaient à défrayer le coût de la fraude à l'assurance.

Le BAC affirme compiler son palmarès annuel afin de sensibiliser le public à la gravité du problème. «Lorsqu'une personne présente une réclamation exagérée ou fausse, nous finissons tous par payer plus cher pour être assurés, a expliqué M. Dubin. Cette année, nous avons connu une plus grande prévalence de demandes d'indemnité d'accident et de dommages corporels reliées à des réseaux d'accidents truqués. Ce type de réclamations représente l'abus qui coûte le plus cher à l'industrie des assurances de dommages.»


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