Opinion

Lettres: Un bricolage qui ne tiendra pas la route

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Michel Magnant, Directeur exécutif, Montréal Stratégique, Montréal, le 7 décembre 2003

Édition du mercredi 17 décembre 2003

Mots clés :

Lettre à Jean-Marc Fournier, ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir du Québec

Tel qu'amendé, le projet de loi no 9 n'atteindra probablement aucun de ses objectifs.

Quiconque a fait du porte-à-porte chez les anglophones des quartiers ouest de Montréal et dans les villes du West Island lors de campagnes électorales montréalaises a compris que ces gens votaient à Montréal en fonction du jour où le Québec pourrait se séparer plutôt qu'en fonction des enjeux montréalais. De fait, ils cherchent à garder leur chez-soi et vont toujours voter pour ce qui se rapproche le plus de cette option. Hier, c'était Gérald Tremblay; aujourd'hui, ce sont les défusionnistes. Pour cette raison, l'essentiel du West Island va probablement quitter la mégaville de Montréal au référendum de 2004, en dépit des menaces d'en faire des villes de seconde zone, menaces contenues dans le projet de loi no 9.

Le Montréal restant aurait néanmoins encore 70 % de la richesse collective et serait très viable si ce n'était de ce plan additionnel à courte vue d'en faire un amas disloqué de 20 villages-arrondissements dotés de maires. Et inutile de parler du conseil d'arrondissement, organisme stratégique conçu pour un maire-leader d'envergure et qui dépasse de loin les maires de gestion courante, majoritaires à Montréal depuis le départ de Jean Drapeau.

En somme, le projet de loi no 9 pourrait entraîner la chute du maire Tremblay et ramener au pouvoir un Pierre Bourque sans programme (ni marge de manoeuvre réelle) pour gérer ce qui resterait.

Ce qu'il aurait fallu pour Montréal, c'est une commission «royale» d'enquête qui aurait déterminé un programme et une structure pertinente pour l'avenir. C'est ce qu'avaient fait la commission Sylvestre pour la ville de Laval en 1965 et la commission Golden pour la mégacité torontoise en 1995. Mais aujourd'hui, le sort de Montréal est plutôt décidé sur la base de chicanes de clôture et de projets déconnectés qui ne tiennent pas la route.[...]


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