Le nouveau CHUM coûterait 1,3 milliard
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Après avoir été contraint à refaire ses devoirs par le gouvernement Charest, le CHUM persiste et signe et propose de nouveau de construire son futur hôpital universitaire de 700 lits sur le site du 6000 Saint-Denis dans le quartier Petite-Patrie, à un coût frôlant cette fois 1,3 milliard.
Jean Charest avait en effet indiqué le mois dernier que son gouvernement n'injecterait pas plus de 800 millions, que le futur CHUM devait récolter au moins 200 millions de sources privées et que ces fonds devaient également prévoir le maintien d'un hôpital complémentaire de soins généraux au centre-ville. Un site alternatif devait aussi être suggéré.
Or, la proposition finale adoptée par le CHUM hier soir prévoit que les coûts du super-hôpital atteindront près de 1,3 milliard, dont 683 millions pour la construction du site principal rue Saint-Denis, 150 millions pour la rénovation de l'hôpital complémentaire et 285 millions en équipements. Tout compte fait, le CHUM aurait près de 500 millions à amasser en campagne de financement privé. Une tâche jugée titanesque d'ailleurs soulignée par Marc Laviolette, représentant de la population au conseil d'administration du CHUM.
À cela, Pierre Desbiens, président du comité de planification, a rétorqué que, pour restreindre les coûts, il aurait fallu se résoudre à faire un CHUM sur deux sites. «La proposition excède de 200 millions ce qui était envisagé. Mais, comme société, on ne peut pas se permettre de se tromper pour un projet aussi important de un milliard», a-t-il invoqué. Selon ce dernier, l'excédent représente surtout les coûts de rénovation de l'hôpital complémentaire exigé au centre-ville, qui ont été inclus dans le projet.
Comme l'indiquait Le Devoir dans son édition du 3 décembre, la proposition finale du CHUM prévoit en effet que l'hôpital universitaire sera érigé sur le site Saint-Denis, et que l'hôpital Saint-Luc, qui perdrait son affiliation universitaire, serait conservé au centre-ville comme hôpital de soins généraux. Cet hôpital de 300 lits aurait un conseil d'administration distinct.
Conformément aux exigences de Québec, la proposition finale du CHUM présente aussi un scénario alternatif qui consiste à concentrer toutes les activités du CHUM sur le site de l'hôpital Saint-Luc, rebaptisé «1000 Saint-Denis», et à garder l'hôpital Notre-Dame comme hôpital complémentaire. Mais au dire de M. Desbiens, cette hypothèse n'est pas privilégiée, compte tenu des coûts importants liés aux rénovations nécessaires et des faibles possibilités d'expansion.
La proposition adoptée hier soir écarte donc une proposition précédente qui consistait à scinder les activités du CHUM sur deux sites, comme le redoutaient les médecins. «Un scénario sur deux sites aurait été boiteux. Pour la faculté, la proposition présentée est tout à fait convenable et répond aux besoins d'enseignement», a indiqué hier le Dr André Lacroix, chef du département de médecine au CHUM.
Avec cette nouvelle proposition, le CHUM prévoit être en mesure d'accueillir 5000 stagiaires en 2010 et de se concentrer sur les soins ultraspécialisés. Certains services, dont les soins de première ligne, la psychiatrie et la désintoxication, ne seront toutefois plus dispensés par le CHUM, mais plutôt par l'hôpital du centre-ville. Le nombre de visites à l'urgence faites au CHUM chuterait aussi de 114 000 à 55 000 par an.
Cette toute nouvelle proposition conjointe du CHUM et de la faculté de médecine sera donc soumise demain au comité d'analyse des projets universitaires coprésidé par l'ex-premier ministre du Québec, Daniel Johnson, et l'ex-premier ministre du Canada, Brian Mulroney. Ces derniers ont jusqu'au 28 février pour faire leurs recommandations au gouvernement Charest. Le gouvernement devrait faire son lit sur cet important projet au printemps 2004.
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