Opinion
Lettres: Acadiens, une grossière manoeuvre d'Ottawa
Mots clés : acadiens
Comment peut-on accepter, tolérer le grossier tour de passe-passe qui consiste, pour épargner la Couronne anglaise pourtant seule coupable, à susciter une déclaration du Gouvernement du Canada et de la «Couronne canadienne», déclaration insignifiante et lénifiante qui ne comporte rien d'autre que de constater un fait historique malheureux, le déplorer, sans la moindre allusion aux auteurs de la faute, et annoncer l'instauration d'une journée annuelle de commémoration! C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
Cette déclaration lénifiante d'Ottawa ressortit à une tentative de récupération, à la frontière de la maladresse et de l'indignité. Le Gouvernement anglais et la Couronne anglaise n'ont aucune envie de reconnaître leurs torts, d'avouer leur crime. La question reste donc entière à la fois en ce qui a trait à l'aveu, à la reconnaissance du crime et en ce qui concerne les réparations matérielles, à l'énorme dette de Londres envers les Acadiens. On oublie souvent en effet qu'outre la déportation proprement dite, il y a eu un vol énorme, la confiscation de tous les biens des Acadiens (l'Acadie alors était la plus prospère des colonies françaises d'Amérique) dans tout ce qui est aujourd'hui la Nouvelle-Écosse: terres, maisons, bâtiments, troupeaux, équipements, etc. Transposée en termes d'aujourd'hui, cette confiscation est l'équivalent de milliards, de dizaines de milliards de dollars d'aujourd'hui, sans même inclure les intérêts. Une indemnisation même très partielle, étalée sur une ou deux décennies permettrait à la SNA, par exemple, de créer une Fondation à des fins éducatives, culturelles et sociales, pour le bénéfice de tous les Acadiens et descendants d'Acadiens dans les Maritimes , notamment au Québec et en Louisiane.
Il faut rejeter et dénoncer la manoeuvre perfide ourdie entre Ottawa et Londres.

