Le cabinet de Paul Martin - Le Canada va accroître sa présence dans le monde
Mots clés : cabinet
- Les liens avec les États-Unis seront tissés plus serré; - La sécurité intérieure prendra plus d'importance
Ottawa - Sécurité et visibilité. Ce sont là les deux thèmes qui guideront l'action du gouvernement Paul Martin en matière d'affaires internationales. On veut renforcer le rôle du Canada dans le monde, améliorer ses relations avec les États-Unis et revoir la politique sécuritaire du pays.La démarche pourrait avoir un impact sur l'Agence canadienne de développement international (ACDI), dont on dit qu'on veut «améliorer les résultats». On veut aussi déterminer une fois pour toutes les priorités des Forces armées canadiennes et les moyens dont on aimerait qu'elles disposent dans le futur. Le budget devra est conséquent. Une chose est certaine, on veut augmenter le nombre de réservistes.
«Dans le domaine de la Défense, il y aura une augmentation des ressources, a déclaré M. Martin en conférence de presse. Mais il faut que cet argent soit bien dépensé. Le 11 septembre a tout changé. S'il n'y a pas de vision d'ensemble, c'est une perte d'argent.»
Toujours dans cet esprit, Paul Martin indique qu'il veut faire du Canada un promoteur du renouvellement du système multilatéral et d'une gouvernance mondiale. On fera appel davantage aux représentants du Canada à l'étranger. D'ailleurs, M. Martin a annoncé que l'ex-ministre Allan Rock serait ambassadeur du Canada à l'Organisation des Nations unies à compter de janvier. Quant à John Manley, à qui il avait offert le poste à Washington, il n'a toujours pas reçu sa réponse.
Afin d'améliorer les relations avec les États-Unis, une multitude de mécanismes sont mis en place. Le premier ministre aura un secrétaire parlementaire dédié à cette question (l'ex-conservateur Scott Brison), un secrétariat des relations canado-américaines sera mis sur pied et un comité spécial du cabinet se penchera aussi sur le sujet. On met sur pied une agence des services frontaliers qui administrera l'entente conclue avec les autorités américaines sur la frontière dite «intelligente».
Toute cette révision du rôle du Canada à l'étranger est accompagnée d'une approche plus musclée des questions sécuritaires. Un nouveau ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile verra le jour, regroupant autant les agences de services secrets et policières fédérales que les organismes de protection de la population civile en cas de désastre. Les hauts responsables chargés d'expliquer les changements ont refusé hier l'analogie avec le Homeland Security des États-Unis. La grande différence sera que la responsabilité de l'immigration et de l'asile politique restera sous le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration.
Le premier ministre annonce toutefois que le mécanisme de détermination du statut de réfugié sera revu. De même, il veut retirer toute partisanerie dans la nomination des commissaires à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié. Traditionnellement, ce sont des amis du régime qui sont nommés à ces postes, soulevant l'ire de certains critiques qui remettent en question leurs compétences en la matière. Des cas d'abus ont été révélés ces dernières années.
Le premier ministre instaure aussi quelques mécanismes de surveillance supplémentaires. Un mécanisme d'examen indépendant des activités de la GRC dans le domaine de la sécurité nationale sera créé. Il semble s'agir là d'une réponse à ceux qui, dernièrement, ont minimisé le rôle que pourrait jouer la Commission des plaintes du public contre la GRC pour faire la lumière sur le cas de Maher Arar. Enfin, Paul Martin aura à ses côtés un conseiller spécial à la sécurité nationale.
Le premier ministre a aussi nommé un secrétaire parlementaire (Dan McTeague) responsable du traitement des citoyens canadiens à l'étranger. Plusieurs citoyens ayant été emprisonnés à l'étranger récemment ont accusé le gouvernement canadien, et son service diplomatique en particulier, de ne pas avoir déployé assez d'efforts pour les sortir de là.
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