Un million de syndiqués mobilisés
Mots clés : manifestations

Photo: Jacques Nadeau
Le déroulement de plusieurs événements est tenu secret, la FTQ et la CSQ promettant «des activités-surprises» tout au long de la journée. D'après ce que Le Devoir a pu apprendre, la plupart des activités sont prévues en matinée.
À la FTQ, l'ambiance était survoltée hier, à quelques heures de la sortie dans les rues. «Soyez prêts, a lancé une source bien placée à l'intérieur du syndicat. On va sortir en grand et à la grandeur du Québec. C'est aussi la première fois que des syndiqués du secteur privé vont se joindre au mouvement. Ça va faire du bruit!»
Toujours selon cette personne qui a demandé à conserver l'anonymat, c'est «quelque chose qu'on n'aura pas vu depuis 20 ou 25 ans au Québec. Le gouvernement ne veut pas jeter du lest, alors il faut agir».
À la CSQ, pourtant reconnue pour tenir un discours modéré, le ton était enflammé hier. «On a manifesté aujourd'hui [hier], on sort jeudi et vendredi aussi, a expliqué au Devoir le président de la CSQ, Réjean Parent. Pour Charest, le premier obstacle à la privatisation du Québec, ce sont les syndicats. Il veut nous neutraliser, nous mettre au pas, nous domestiquer, mais il n'en est pas question! Nos membres sont pacifiques, mais là, certains voulaient même empêcher le Parlement de fonctionner! Le gouvernement n'agit pas de façon démocratique et ça heurte les gens.»
Selon Réjean Parent, les politiques du gouvernement font en sorte que l'appel au calme de Jean Charest «va tomber comme une roche au fond du lac». Le président de la CSQ affirme que les syndicats ont toujours été porteurs de changement social et que c'est le rôle qu'ils jouent actuellement.
Les manifestations les plus importantes sont prévues à Montréal et devant le parlement à Québec. Dans la Vieille Capitale, la CSQ a convoqué ses membres des services de garde devant l'Assemblée nationale sur l'heure du midi. Selon nos informations, d'autres syndicats devraient se joindre au groupe. Outre les actions-surprises réalisées de concert avec la FTQ, la CSQ manifestera devant l'hôpital Saint-Luc à Montréal vers midi.
Les cols bleus de Montréal, affiliés à la FTQ, seront aussi de la partie. D'après une note interne destinée aux syndiqués, des autobus quitteront le local de la rue Papineau dès 4h30. «La réussite de cette activité est primordiale pour bien faire comprendre au gouvernement qu'on est sérieux, déterminés et qu'on ne reculera pas. En fait, on est décidés à ne pas se laisser appauvrir sans se défendre avec ténacité et acharnement», peut-on lire dans le document. Les «cibles» ne sont pas précisées.
La CSN, de son côté, ne cache rien. Le grand rassemblement se tiendra dès 7h devant la Place des Arts, en face du Complexe Desjardins, à Montréal. À cette occasion, plusieurs leaders syndicaux prendront la parole. À 11h30, l'Association professionnelle du personnel administratif de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) organise la «souptraitance» devant l'école Garneau, dans la rue Papineau, pour dénoncer, comme toutes les centrales syndicales, la modification à l'article 45 qui faciliterait le recours à la sous-traitance.
Sur l'heure du midi, la «Marche du bâillon», organisée par les groupes communautaires du secteur, se mettra en branle à l'angle des rues Côte-Sainte-Catherine et Côte-des-Neiges et défilera en direction du bureau de comté du ministre des Finances, Yves Séguin. Le but de l'activité est de dénoncer le peu de consultations effectuées par le gouvernement pour mettre au point ses projets de lois.
Les centres de la petite enfance (CPE), dont plus de la moitié sur l'île de Montréal seront fermés pour l'occasion, se rassembleront au square Dominion vers 13h. Un cortège se dirigera ensuite vers la rue McGill College et les bureaux montréalais du premier ministre Jean Charest. D'autres syndicats pourraient aussi converger vers ce point de ralliement.
La Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) se joint aussi au mouvement avec ses
45 000 membres, alors que des manifestations auront lieu devant chacun des établissements de santé du Québec. La CSD sera aussi du nombre, mobilisant ses troupes dans plusieurs régions de la province.
Avec les rumeurs d'activités parfois musclées de certains groupes syndicaux, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sera «prêt à toutes éventualités». «On va s'ajuster et bloquer les rues au fur et à mesure», a expliqué Olivier Lapointe, porte-parole du SPVM. Mais peu importe le syndicat, le mot d'ordre consiste à ne pas perturber les services à la population. Les consignes sont à la démonstration, pas au débrayage. Dans les différentes instances, on estime que la participation sera forte. La météo ne sera par contre pas du côté des syndicats, alors que de bonnes précipitations de pluie, de pluie verglaçante et de neige sont attendues partout au Québec.
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Réingénierie chez les syndicats !? - par Christian Lefebvre (christian.lefebvre@gmail.com)
Le jeudi 11 décembre 2003 14:00

