Tête nue, Chirine Ebadi ne ménage pas l'Occident

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Reuters
Édition du jeudi 11 décembre 2003

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Oslo - Première musulmane lauréate du prix Nobel de la paix, l'avocate iranienne Chirine Ebadi a reçu hier sa distinction et profité de la tribune d'Oslo pour lancer un message pacifiste et accuser les États-Unis de prétexter du 11 septembre 2001 pour violer les droits de l'homme.

«Au cours des deux dernières années, certains États ont enfreint les principes universels des droits de l'homme en exploitant les événements du 11 septembre et la guerre internationale contre le terrorisme comme prétexte», a-t-elle déclaré selon le texte, diffusé à l'avance, de son discours à la cérémonie de remise du prix.

L'avocate, qui a décidé de parler tête nue, véritable provocation à l'endroit du clergé iranien au pouvoir à Téhéran, qui impose aux femmes le port du voile en toutes circonstances. Ebadi, qui s'est fait décerner la plus prestigieuse des distinctions internationales pour son combat en faveur des droits des femmes et des enfants, a également stigmatisé les conditions de détention des prisonniers de Guantánamo, qu'elle qualifie d'infraction au droit international.

Ebadi s'est par ailleurs interrogée sur les différences de traitement réservées aux résolutions des Nations unies.


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