Mise en place d'une nouvelle politique antidopage - La LHJMQ promet de s'attaquer au problème des drogues
Mots clés : lhjmq
Le commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec a promis la mise en place d'une nouvelle politique antidopage qui prévoit le retour des tests de dépistage pour contrer le problème de consommation des drogues dans les rangs juniors.
De nombreuses substances sont en cause, notamment l'éphédrine, stimulant interdit aux Jeux olympiques, mais aussi la créatine, les amphétamines, la marijuana et divers calmants.
La nouvelle politique antidopage de la LHJMQ prévoit des tests de dépistage inopinés assortis de suspensions de trois à cinq matches pour une première offense. Un récidiviste s'exposerait à d'autres sanctions mais l'objectif prioritaire de la ligue n'est pas nécessairement de bannir les fautifs.
Questionné à savoir si la ligue n'a pas mis trop de temps à réagir au problème, Courteau a rappelé que la LHJMQ a implanté une politique antidopage voilà sept ans.
Malheureusement, la ligue ne pratique plus aucun test de dépistage depuis un an et demi à la suite d'un différend avec le Centre canadien pour l'éthique dans le sport -- l'agence antidopage nationale -- qui préconise une suspension de deux ans dès la première infraction. Or la politique de la ligue ne prévoyait aucune sanction en cas de test positif.
Mais si le commissaire prétend avoir consulté les dirigeants des 16 équipes au sujet de la nouvelle politique lors d'une récente tournée, ce ne sont pas tous qui partagent sa vision des sanctions en cas d'infractions.
«Nous sommes d'accord avec les politiques de la ligue mais nous ne sommes pas d'accord avec les sanctions, a déclaré Patrick Roy, copropriétaire des Remparts de Québec. La ligue peut suspendre un joueur de trois à cinq matches mais, dans notre cas, un tel joueur ne jouerait plus pour les Remparts. De cette façon, un joueur sait exactement à quoi s'en tenir quand il vient jouer pour les Remparts.»
L'agent de joueurs Gilles Lupien soutient pour sa part que le meilleur moyen de combattre le problème des drogues au niveau junior passe par un allégement du calendrier et des voyages en autobus moins longs. Selon lui, les dirigeants de la ligue et des équipes mettent trop de pression sur des joueurs âgés de 16 à 20 ans.
«Nous ne pouvons pas blâmer les jeunes, a constaté Lupien. Regardez les voyages qu'ils doivent effectuer. Se rendre de Montréal à Cap-Breton, c'est comme aller de Montréal à Winnipeg ou en Floride.»
Comme solutions, Lupien propose que les équipes de la LHJMQ affrontent seulement d'autres formations de leur section en saison régulière et que le calendrier soit réduit de 72 à 50 matches.
Selon le président du Comité des médecins de la LHJMQ, Jean-Luc Betit, le problème est loin d'être limité à quelques-unes des 16 équipes.
«Il n'y a pas un médecin dans cette ligue qui n'a pas constaté de cas d'intoxication à l'éphédrine au cours des dernières saisons, a-t-il affirmé. À quelques reprises par saison, on va avoir des intoxications majeures, avec des symptômes comme des tremblements, des douleurs abdominales, des spasmes musculaires importants, de l'insomnie et de la tachycardie.»

