La danse en ligne - Musilab diffuse sur Internet des archives sonores du Canada français
Mots clés : musilab
Des reels, des gigues et un brandy; six quadrilles (dont un acadien), des galopes, deux rigodons et autant de cotillons; un «accord de pied», des cuillères et des osselets: Bienvenue sur le site objetsparlants.com.
Il existe vingt-cinq centres collégiaux de transfert de technologies: celui du cégep de Sainte-Foy s'intéresse à la transformation du bois; Jonquière se spécialise dans l'automatisation de la production; Saint-Hyacynthe fait dans le textile et le paratextile. Le Centre de transfert de technologie en musique et son (Musilab) a été accrédité en 1997. Il se spécialise dans la gestion et la diffusion de contenus sonores, mais aussi dans la préparation d'outils pédagogiques et la sonorisation. Il a, par exemple, développé des pédales d'orgues non mécaniques pour Casavant.
Drummondville, avec son Mondial du folklore, semblait tout désigné pour le projet des «objets parlants». Patrimoine Canada a fourni les deux tiers des 850 000 dollars nécessaires. La ministre Sheila Copps s'est déplacée pour lancer le projet il y a tout juste un an.
«Une étude rapide nous a permis d'identifier au moins 200 collections d'archives sonores au Canada susceptibles de se retrouver dans notre banque de données», explique Frédéric Roverselli. Souvent, les propriétaires, des communautés religieuses ou des compagnies artistiques, ne connaissent même pas le contenu exact de leurs collections qui se retrouvent sur toutes sortes de supports, des cassettes ou des disques. Nous leur offrons gratuitement un service de numérisation, d'archivage et de diffusion, une chance unique de mettre en valeur leurs trésors oubliés ou négligés.»
Il existe bien d'autres sites d'archives sonores folkloriques au pays. Les Archives du folklore et d'ethnologie de l'Université Laval, fondées en 1944 par le professeur Luc Lacourcière, représentent un fonds unique en Amérique du Nord sur la culture francophone. Elles sont associées depuis quatre ans au Réseau de diffusion des archives du Québec (rdaq.qc.ca).
On retrouve des archives sonores plus ou moins semblables partout dans le monde. En Papouasie, certains documents sonores à l'Institute of Papua New Guinea Studies remontent à 1898. Les États-Unis comptent d'innombrables fonds sonores, dont l'American Folklife Center, qui dépend de la Library of Congress, et les archives de blues du grand Alan Lomax.
Le travail de Musilab s'inscrit dans ce grand mouvement tout en se particularisant. «Nous respectons des normes de haute qualité, mais nous fonctionnons avec des règles de conservation moins pointues que celles des universités ou des bibliothèques nationales», explique le directeur Roverselli. En même temps, les clients de l'organisme bénéficient de l'archivage. Ils peuvent, par exemple, consulter à distance la base de données et même en modifier les informations. La très grande majorité des données peut être écoutée mais pas copiée par les simples internautes.
La collecte et la numérisation vont se poursuivre avec l'intégration d'autres sources régionales au Québec et dans l'Ouest canadien. Dans une seconde phase, implantée d'ici un an, le Musilab offrira un outil de constitution, de gestion et de promotion d'archives sonores de la musique traditionnelle en ligne. Une compagnie de disques ou de spectacles pourra, par exemple, présenter sur Internet des portfolios complets de ses artistes. «Nous continuerons donc de concentrer notre travail sur la musique traditionnelle, mais sur celle qui se fait aujourd'hui ou qui s'en inspire», conclut Frédéric Roverselli.
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