Deuxième rencontre internationale de la caricature et de la bande dessinée - Quino: voir la guerre à travers les yeux d'un enfant
Mots clés : guadalajara, quino
Guadalajara -- Caché derrière ses lunettes à double foyer, d'apparence modeste, le célèbre caricaturiste argentin Quino, auteur de Mafalda, n'a pas des allures de rock-star. La foule qui assistait à sa conférence, qui se donnait à l'université de Guadalajara, au Mexique, juste avant celle du caricaturiste et bédéiste québécois André-Philippe Côté, s'arrachait pourtant ses commentaires. Il faut dire que le dessinateur argentin s'est aussi distingué dans le dessin d'humour, domaine où il s'est attiré l'admiration de la communauté mondiale de la caricature.
Cette conférence ouvrait hier la Deuxième rencontre internationale de la caricature et de la bande dessinée, en marge de la Foire internationale du livre de Guadalajara. C'est là que se succéderont, jour après jour, les conférences respectives d'André-Philippe Côté, du Soleil, de Serge Chapleau, de La Presse, et de Garnotte, du Devoir.
Pour leur part, André-Philippe Côté et Michel Garneau ont tous deux dit apprécier par-dessus tout le dessin d'humour de Quino, sa caricature sociale, qui se situe au niveau de celle du Français Jean-Jacques Sempé, autre grand nom du genre.
Plus tard, c'est devant un public plus restreint que André-Philippe Côté a expliqué son travail au public présent. «Est-ce que vous subissez la censure?», «Combien gagnent les caricaturistes québécois?» demandait notamment le caricaturiste mexicain Riuz, assis dans la salle. Autant de questions qui mettaient en relief la liberté d'expression et un certain confort régnant au Québec.
«La caricature québécoise semble plus réaliste et plus politique que celle que l'on trouve ici», a commenté Mario, un étudiant qui s'était déplacé pour l'occasion. Dans le cadre de diverses expositions de caricature et de bande dessinée qui ont été montées pour l'occasion, on en trouve une de caricaturistes cubains, qui s'intitule Los verdaderos terroristas (les véritables terroristes). Côté, qui l'a visitée, y a vu une critique sans nuance des Américains. Reste que le public mexicain a passablement ri aux caricatures de Côté qui, elles aussi, présentaient un regard critique des États-Unis.
Par ailleurs, les artistes québécois, ces latins du nord, comme on les nomme ici depuis le début de l'événement, ont poursuivi leur entreprise de charme. Lundi, le chanteur Yann Perreau a déridé son audience avec des prouesses linguistiques franco-hispaniques. Pendant ce temps, le cinéaste Bernard Hébert présentait dans l'enceinte fabuleuse de l'Instituto cultural Cabañas, dans le centre historique de Guadalajara, son film Esquisses du Nouveau Monde, un documentaire sur les liens qui ont uni le peintre montréalais Stanley Cosgrove et le muraliste mexicain, José Clémente Orozco.
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Grand mère? - par Denis Giguère
Le mercredi 03 décembre 2003 07:00

