Les louvoiements de Khadr
Mots clés : khadr
La somme de louvoiements qu'Abdul Rahman Khadr a déclinés lors de la conférence de presse organisée pour souligner son retour au Canada suggère, on l'aura deviné, davantage de questions que de réponses. Pire, le dossier, son dossier, est recouvert d'une opacité si prononcée que celle-ci interdit tout éclaircissement, à une exception qui serait la suivante: tout le monde ment sauf lui. En effet, si l'on en croit les propos formulés par ce Canadien d'origine égyptienne, les employés des ambassades et consulats de Washington, du Pakistan, de l'Afghanistan et de la Turquie, sans oublier le bureau du premier ministre, sont des amants du mensonge. Alors que lui...
Le père était donc un adversaire d'al-Qaïda, mais c'est pourtant à cette organisation qu'il a confié ses quatre fils afin qu'on leur apprenne, entre autres choses, le maniement des armes. Mais bon, il semblerait, toujours selon Khadr, que ce passage dans un camp mis sur pied par Oussama ben Laden n'avait rien à voir avec la formation de terroristes mais tout avec les jeux d'adolescents. Grâce aux précisions de Khadr, nous savons désormais qu'il est d'usage courant, dans le monde musulman, d'envoyer des gamins faire joujou avec des kalachnikovs et des grenades. Bigre!
Le camp où a séjourné ce jeune homme a ceci de particulier qu'il est celui où ont été endoctrinés et formés tous ceux qui ont commis des attentats dans les années 90. Du World Trade Center au 11 septembre en passant par les ambassades américaines du Kenya et du Soudan, le camp de Khalden est le dénominateur commun. D'après Khadr, au camp en question, on cultivait la haine du Soviétique mais certainement pas de l'Américain. On le répète, il n'y avait rien d'antiaméricain mais tout de l'anticommunisme, même si la chute du mur de Berlin était passée à l'histoire.
Il y a enfin son tout récent périple. Contrairement à ce qu'il aurait souhaité, les autorités canadiennes auraient choisi de l'envoyer en Afghanistan plutôt que de le rapatrier au Canada. Les gardes postés à l'entrée des ambassades ou missions canadiennes situées en Afghanistan lui auraient refusé l'accès aux fonctionnaires, mais jamais il n'a songé, comme d'ailleurs n'ont pas manqué de le noter les représentants du ministre des Affaires étrangères, d'utiliser tout simplement le téléphone.
La conclusion est toute simple. La volonté affichée de faire de tous les Canadiens impliqués dans son dossier les boucs émissaires de sa mésaventure met en lumière combien ce jeune homme n'a pas du tout la franchise de ses opinions.
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