Opinion

Lettres: Le dernier mot

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Gilles Desmarais, Val-des-Monts, le 30 novembre 2003

Édition du mardi 02 décembre 2003

Mots clés :

Bien malin qui pourrait expliquer les motifs précis du geste qu'a fait le directeur général de Saint-Charles-Borromée. Léon Lafleur lui-même en aurait peut-être été incapable.

Le suicide est un acte éminemment interpellant. Il tend même à culpabiliser qui pourrait se sentir visé ou fautif. Mais le contexte dans lequel le directeur général se trouvait au moment de son choix confère à ce geste un effet particulier.

Imaginons qu'au lieu de se détruire, il eût choisi de se battre. Il aurait alors sans doute livré essentiellement le même message, cherchant à justifier l'à-propos de la plupart de ses décisions administratives, le peu de marge de manoeuvre dont il disposait, etc. Cela aurait peut-être pris la forme d'une conférence de presse ou, plus près de son style, d'une lettre ouverte au Devoir. Ce geste fait, il se serait tenu prêt à riposter à toute tentative de le contredire d'où qu'elle provienne. Il s'en serait suivi une lutte âpre, dont la conclusion n'aurait sans doute pas été à son avantage.

Cela explique peut-être pourquoi il a choisi ce geste définitif. Ce faisant, il s'assurait d'avoir sur tous ses détracteurs le dernier mot, sans égard à la qualité de ce mot.


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