IRB-CNRC - À propos de l'infiniment petit
Mots clés : biotechnologie, cnrc, irb
Parmi les secteurs qui structurent les travaux du Conseil national de recherche Canada (CNRC), la biotechnologie fait figure de proue. Le CNRC compte cinq Instituts de recherche en biotechnologie (IRB) disséminés à travers le pays. Le plus important à l'échelle nationale se situe à Montréal. Au total, près de 800 personnes gravitent dans ses laboratoires, ses bureaux et son usine-pilote environnementale implantés dans l'arrondissement Saint-Laurent.
Ces outils servent en fait à évaluer le risque potentiel que représente une contamination organique pour un environnement. «On fait le suivi pour voir si les procédés biologiques aident l'écosystème à retourner à la normale après la restauration du site.» Environnement Canada est impliqué dans le développement de ces outils puisque les travaux fournissent des renseignements requis pour la réglementation de la libération des matières industrielles et agricoles dans les écosystèmes naturels.
Au congrès de l'ABQ, Charles Greer parlera des outils génomiques utilisés dans l'environnement. «Les micro-organismes sont impliqués dans tous les cycles de la nature, dit-il. Pour la santé d'un écosystème, c'est très important que chacun de ces cycles fonctionne adéquatement. Nous développons des outils pour faire le suivi de certaines fonctions des bactéries de ce système.»
Au chapitre des découvertes,
M. Greer élabore sur le développement d'une micropuce. «La micropuce contient les gènes importants dans le processus de dégradation des polluants et dans les cycles des aliments. Elle sert à faire le suivi dans l'environnement.» Cette technologie est utilisée depuis trois ans dans un projet de biorestauration, dans le Grand Nord. «Le climat est froid et la période de travail est courte, précise le chercheur. Pendant à peine deux mois par année, les températures sont assez élevées pour appliquer les procédés microbiens.»
Biopuces de l'ADN
Toujours à l'IRB, l'équipe de Roland Brousseau a mis récemment au point une biopuce capable d'analyser simultanément des milliers de gènes en une seule expérience. Cette lecture sur lame de verre permet d'identifier les bactéries qui résident dans l'environnement. «On prend un échantillon d'eau, on extrait l'ADN des bactéries qui se trouvent dans l'eau et on le place ensuite sur la biopuce. La lecture nous indique à quel type de bactéries on a affaire, par exemple, le
E coli...», explique le scientifique Luc Masson, qui travaille aux côtés de Roland Brousseau.
Ce procédé, relativement nouveau, permet de mesurer simultanément la présence de centaines de micro-organismes pathogènes dans une seule goutte d'eau. Il s'avère moins coûteux et beaucoup plus rapide que les méthodes individuelles utilisées à l'heure actuelle, qui ne peuvent dépister qu'un seul pathogène à la fois.
Une autre biopuce développée par cette équipe de chercheurs de l'Institut vise à évaluer les réactions d'insectes, telle la tordeuse de l'épinette, au moment où celle-ci ingère le biopesticide utilisé en forêt. La bactérie contenue dans cette toxine produit une protéine de «cristal» qui détruit l'estomac de la bestiole. Quel est le dosage requis pour affaiblir ou supprimer l'insecte? Quels sont les gènes affectés? Ces questions titillent les biologistes. «Les environnementalistes veulent savoir ce qui va se passer si on répand ce biopesticide dans nos forêts. L'écologie va-t-elle changer? Des insectes non ciblés seront-ils tués? La biopuce nous permet de voir quels gènes sont mis en cause.»
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