Bon départ pour la Ligue nationale d'improvisation musicale de Montréal - Improvisation musicale ayant pour titre...
Mots clés : improvisation
On y allait sans trop s'en promettre. On est reparti sur un petit nuage. La Ligue nationale d'improvisation musicale de Montréal (LNIMM) n'existe que depuis un mois, soit l'équivalent de deux matchs, mais déjà, elle cartonne fort. Spectacle rodé, musiciens d'aplomb, arbitre impitoyable: la chose a de quoi garnir vos lundis soir, une fois par mois. La ligue est née le 3 novembre dernier.
Le deuxième match mettait aux prises l'équipe des rouges, dirigée par Jean-François Lemieux (qu'on a déjà vu aux côtés de Daniel Bélanger) et composée de Pierre-Emmanuel Poizat (musicien pour Thomas Jensen), Alexis Messier (Kaliroots) et Jean-Sébastien Nicol (Loco Locass), et celle des bleus, menée par Nicolas Letarte (Urbain Desbois) et constituée de Sébastien Croteau (Globe Glotters), Philippe Brault (Thomas Jensen) et Luzio Altobelli (Manouche).
La qualité des musiciens n'est en rien à mettre en question, eux qui ont à se frotter aux titres et aux thèmes de la soirée: «Statique», «Au bord du feu», «Torture cellulaire», des titres qui sortent de la bouche de l'arbitre, Jean Bélanger (il a été arbitre à Québec pendant trois ans), affublés de coefficients de difficulté prenant l'allure de «à la manière folk», «tsigane», «style ambiant», «chanson française» et «comédie musicale», à moins que ce ne soient des solos imposés par l'arbitre selon son gré, en montrant les musiciens du doigt.
La meilleure impro que nous avons entendue avait pour titre «Fauteur de trouble». Par tirage au sort, le rôle du fauteur de trouble en question a été donné de facto aux bleus, contre trois rouges. Les bleus ont envoyé en pâture le pauvre Luzio Altobelli et son accordéon. Ce dernier n'a jamais laissé la chance aux trois rouges de prendre le terrain. Lançant les premières salves le coup de sifflet à peine retenti, Altobelli a imposé un rythme continuellement changeant, impossible à suivre, à un point tel que le guitariste des rouges, Alexis Messier, a complètement abandonné, décroché, est retourné sur son banc avant même que ne se termine le massacre des siens par l'accordéoniste en sous-nombre.
Ç'allait être le point saillant du match, le jeu clé. En effet, Messier allait recevoir une pénalité de «vice de procédure», la troisième de son équipe, ce qui allait retirer un point à son équipe qui, de plus, a vu les bleus remporter cette manche. Le match allait se terminer, à l'arraché, en prolongation: 7 pour les bleus, 6 pour les rouges. Avec force rebondissements, comme il se doit. D'autant plus qu'en prolongation, les rouges ont perdu un autre point pour pénalités accumulées.
Par ailleurs, les rouges allaient impressionner lors de leur improvisation de style tsigane grâce au jeu inspiré de Poizat alors que les bleus allaient l'emporter haut la main lorsqu'on leur a demandé d'improviser pendant trois minutes sur The Adventurer, de Charlie Chaplin. Ils ont démontré un sens du punch relevé. Les rouges, sur la même impro, ont été moins efficaces avec leur extrait de The Tramp.
La LNIMM poursuit ses activités jusqu'en avril. Le calendrier régulier de la saison, à raison d'une partie par mois, toujours le lundi, prend fin le 15 mars. La demi-finale a lieu le 12 avril, la finale, le 10 mai. Le gagnant de la ligue montréalaise rencontrera celui de la ligue de Québec dans une épique confrontation aller-retour. Un match des étoiles est prévu le 24 mai.
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