«Stoppez Bu$h»
Mots clés : guerre
Les antiguerre n'en étaient qu'aux hors-d'oeuvre en Grande-Bretagne

Photo: Agence France-Presse
Pour les opposants à l'intervention militaire en Irak, la présence de M. Bush constitue une occasion de donner un nouveau souffle à un mouvement qui, après avoir mobilisé un million de personnes dans les rues de Londres en février dernier, a eu tendance à s'essouffler. Une «marche virtuelle», initiative de l'organisation Our World Our Say, a même été mise sur pied afin que les déçus de la politique anglo-américaine puissent participer aux manifestations «depuis le confort de leur bureau ou de leur maison». Cette marche virtuelle doit prendre la forme, aujourd'hui, d'une livraison massive de courriels, de fax, de cartes postales et de coups de téléphone à l'ambassade des États-Unis à Londres.
Les Britanniques ne sont pas tellement moins sceptiques par rapport à la guerre d'Irak qu'ils ne l'étaient l'hiver dernier, quoique leur opposition pourrait être en train de s'effilocher. Le président Bush demeure très impopulaire en Grande-Bretagne et une majorité de Britanniques estiment que la «relation spéciale» entre le premier ministre Tony Blair et le président américain nuit à leur pays. Un récent sondage publié par le Times indiquait que
60 % des Britanniques désapprouvent la politique irakienne de M. Bush. Selon une autre enquête, publiée dimanche par le Sunday Times, 37 % des Britanniques trouvent le président américain «stupide» contre 10 % «intelligent».
Hésitations
Le quotidien de gauche The Guardian, hostile à l'actuelle administration américaine, est l'un de ceux à ne pas s'être gênés pour critiquer la visite: «Elle est aussi appropriée, écrivait-il, que l'apparition d'un nudiste au milieu d'une cérémonie de mariage.»
Avant-hier, le quotidien publiait toutefois un sondage qui vient faire mentir cette impression que, huit mois presque jour pour jour après le déclenchement des hostilités, les Britanniques sont toujours aussi antiguerre et anti-Bush. Le sondage réalisé le week-end dernier met en évidence un bond des appuis à la guerre d'Irak au cours des deux derniers mois, un bond que The Guardian attribue en partie à la multiplication des attentats contre les forces coalisées. Ainsi, selon ce sondage, l'opposition à la guerre a chuté à 41 % au sein de l'opinion publique, en baisse de 12 points depuis septembre. Simultanément, la proportion de ceux qui considèrent la guerre justifiée est passée à 47 %, en hausse de neuf points.
Ces résultats font écho à une certaine résignation relevée par le sondage devant le fait accompli de la guerre: les deux tiers des électeurs estiment maintenant que les troupes britanniques et américaines auraient tort de quitter l'Irak tant que la situation n'y sera pas «plus stable». Même le malmené Tony Blair, dont certains prophétisaient la chute politique l'été dernier, y trouverait son compte: vrai qu'il est toujours impopulaire auprès d'une majorité de répondants, mais sa cote aurait tendance à remonter.
Avec l'Agence France-Presse
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