Opinion
Libre opinion: Une complémentarité possible
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Réponse à un éditorial de Jean-Robert Sansfaçon
Le gouvernement du Québec vient de réitérer, le 3 novembre, son soutien au projet de construction de deux hôpitaux universitaires à Montréal en mettant sur pied une commission d'analyse des projets chargée de favoriser la mise en oeuvre de ces derniers.Nous aimerions également ajouter qu'au CHUM, tout comme au CUSM, nous travaillons déjà de concert en tenant compte des paramètres établis par le ministre Philippe Couillard et que nous espérons respecter la date butoir du 15 décembre.
Au chapitre de la complémentarité, il faut tout d'abord noter qu'il existe des différences entre les deux projets. Le CUSM, fidèle à sa mission de dispenser des soins de santé tout au long de la vie des patients, regroupe à la fois trois hôpitaux pour adultes et un hôpital pour enfants. Tel n'est pas le cas du CHUM, dont la vocation est plutôt tournée vers les soins de santé à une population adulte. De la même façon, il y a des distinctions importantes entre nos deux institutions en matière de pédagogie et de nominations dans nos facultés.
Mais il y a également des points communs. Nous sommes unis par notre recherche de l'excellence et notre volonté d'assurer que nous tirons le meilleur parti de nos ressources pour mieux servir nos patients, nos étudiants, nos chercheurs et notre personnel enseignant.
Nous croyons donc pouvoir avancer sur le chemin de la complémentarité, et nous avons d'ailleurs déjà mis au jour et posé des jalons dans certains secteurs plus propices. Il faut cependant remarquer que «complémentarité» ne signifie pas seulement une répartition des services sans duplication mais plutôt que les deux centres de santé universitaires se complètent pour mieux assurer les services indispensables. La complémentarité se traduit alors par une répartition judicieuse des ressources basée sur des besoins de santé spécialisés ayant atteint une masse critique tout en tenant compte des effectifs médicaux et de l'équipement perfectionné nécessaire pour fournir des soins de haut niveau. C'est ainsi que les deux centres seront en mesure de remplir leur mandat social, qui consiste à mieux agir sur la santé des gens.
Cette complémentarité se retrouve tout naturellement dans certains secteurs où l'utilisation maximale des talents et des expertises nécessite une concentration des ressources à un seul endroit. Ceci est déjà présent notamment sur le plan clinique dans le domaine des transplantations pulmonaires qui sont du ressort du CHUM, sur le plan de l'enseignement alors que des résidents de McGill font des stages en allergologie au CHUM et que les résidents en radio-oncologie de l'Université de Montréal suivent des cours de radiobiologie au CUSM.
La complémentarité s'explique également par les efforts déjà entrepris dans la mise en commun de services ou le partage de certaines ressources. Le CUSM et le CHUM font déjà preuve d'un esprit de concertation en envisageant des mécanismes qui rendront possible l'intégration des systèmes d'information clinique et administrative ou la signature de contrats avec des fournisseurs uniques. Une gestion commune depuis 2002 des deux départements de technologies de l'information en est la preuve.
Bref, nous croyons que les paramètres du gouvernement en matière de complémentarité sont déjà inscrits dans la démarche des deux centres et qu'il n'y a pas lieu de douter de la volonté des responsables de travailler au rehaussement de la médecine universitaire à Montréal.

