Rencontre des premiers ministres à Regina - Charest n'a pas fait mieux que les Alouettes, dit Landry
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Québec -- Comme les Alouettes de Montréal, le premier ministre Jean Charest est revenu les mains vides de Regina dimanche, à l'issue de sa rencontre avec Paul Martin, a soutenu hier le chef péquiste Bernard Landry.
M. Landry s'est inspiré de la défaite de l'équipe montréalaise de football au match de la coupe Grey pour critiquer la confiance enthousiaste qu'affiche M. Charest à l'égard de M. Martin, qui deviendra premier ministre du Canada le 12 décembre.
«Pourquoi le premier ministre est-il aussi candidement optimiste? Est-ce que c'est parce que le premier ministre du Canada, dans quelques jours, est un homme qui ne reconnaîtra pas le déséquilibre fiscal?», a demandé M.Landry.
L'arrivée de M. Martin à la tête du pays annonce pourtant des jours sombres pour le Québec, a poursuivi le chef du PQ, dans une attaque tous azimuts contre le prochain premier ministre.
«Voilà un homme, a-t-il rappelé, qui a refusé de remettre au Québec les deux milliards de dollars qu'il lui doit pour compenser la TPS. Un homme qui a réglé son déficit fédéral sur le dos des provinces à hauteur de 80 %.»
À cela s'ajoute la volonté affichée de Paul Martin de conclure un «nouveau pacte» avec les municipalités canadiennes afin qu'elles bénéficient d'un financement plus fiable et prévisible.
M. Landry s'étonne, par conséquent, de ne pas voir Jean Charest monter aux barricades et déchirer sa chemise contre l'intention du chef libéral fédéral d'envahir «les juridictions essentielles des provinces et, ainsi, de notre gouvernement national».
S'il est tout à fait ouvert à des ententes tripartites sur le financement des infrastructures municipales, le gouvernement du Québec n'acceptera jamais de céder un pouce de sa compétence, a assuré M. Charest.
Les municipalités ont beau être des «partenaires», elles demeurent néanmoins «des créatures» du gouvernement.
«J'ai dit au futur premier ministre et à tous les autres premiers ministres qu'il n'était pas question que le Québec participe à des conférences fédérales-provinciales-municipales. Je ne veux pas qu'il y ait d'ambiguïtés sur cette question-là.»
Sommé par le chef de l'opposition de répéter «trois fois» que les transferts fédéraux devront se faire dans le respect absolu des compétences et, par-dessus tout, sans condition, le premier ministre a répondu qu'il n'avait pas l'intention de réciter les éternels «mantras» antifédéralistes des péquistes.
«Ce n'est pas le style du gouvernement. C'est peut-être le style de l'opposition officielle. Ils aiment beaucoup le mot "national", puis le mot "conservateur", puis "Westmount" entre autres, ils pensent qu'il y a un effet magique là-dedans», a sèchement répliqué M. Charest.

