Reprise des négociations à la STM
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Une première journée de grève pénible pour les usagers

Photo: Jacques Nadeau
Sylvain Noiseux, vice-président du syndicat, croit que les deux parties sont près d'une entente au chapitre des augmentations salariales, puisque le syndicat a déjà accepté la hausse de 8,7 % en quatre ans bien qu'il souhaite rediscuter la répartition de cette hausse. Mais le fossé sera plus difficile à franchir en ce qui a trait à la gestion des régimes de retraite, principale pierre d'achoppement entre les deux parties.
En échange d'une entente permanente concernant les coûts d'administration du régime de retraite, le syndicat réclame la parité dans la gestion de ce régime. «C'est une économie de 1,1 million pour la STM, mais on veut avoir notre mot à dire», a expliqué hier M. Noiseux. Il affirme que le syndicat souhaite mettre fin au conflit le plus rapidement possible. «On n'a pas l'intention d'étirer le conflit, la preuve, c'est qu'on relance encore la négociation», a-t-il fait valoir.
De son côté, le ministre du Travail, Michel Després, n'entend pas intervenir pour l'instant. «On suit la situation de près. On va voir comment ça évolue. [...] On va suivre la situation au jour le jour et on fera au moment opportun les gestes qu'il faut», a-t-il expliqué.
Rappelons que des négociations intensives menées au cours de la fin de semaine n'ont pas permis aux deux parties d'en arriver à une entente avant l'ultimatum fixé par le syndicat. À 23 h dimanche soir, celui-ci a mis sa menace de grève à exécution.
Mais les premières victimes du conflit, soit les usagers du transport en commun, avaient du mal hier à compatir à la cause syndicale. Quand elle s'est présentée à la station de métro Pie-IX hier matin vers 9h30, Yuko Shimizu s'est fait dire que le prochain métro passerait cinq heures et demie plus tard, soit à 15h. Elle se demandait bien comment elle se rendrait à la station Mont-Royal pour son cours d'anglais. Comme bien d'autres voyageurs pris au dépourvu, elle a dû rebrousser chemin et se débrouiller autrement.
Le service était offert aux heures de pointe, soit entre 5h30 à 9h en matinée, de 15h à 18h30 et de 23h à 1h en fin de soirée, mais entre ces plages horaires, de nombreux usagers se sont heurtés à des portes closes dans les 65 stations de métro du territoire. De plus, sur certaines lignes du réseau de surface, des citoyens ont attendu en vain leur autobus hier matin même si l'heure de pointe n'était pas terminée. Ce qu'ils ignoraient, c'est que les véhicules devaient arriver à destination avant la fin de l'heure de pointe. C'est donc dire que bien avant 9h, bon nombre d'autobus affectés aux circuits 535, de l'avenue du Parc, et 211, dans l'Ouest de l'île, avaient déjà pris le chemin du garage.
En après-midi, de nombreux usagers ont fait le pied de grue devant les portes des stations de métro en attendant la reprise du service prévue pour 15h. Serveuse dans un restaurant, Liliane Vaillancourt désirait retourner chez elle dans l'arrondissement de Saint-Léonard. Elle en avait gros sur le coeur, elle qui ne gagne que le salaire minimum. «J'ai fait 35 $ de pourboire aujourd'hui. Je ne vais sûrement pas payer un taxi avec ce montant», a-t-elle expliqué alors qu'elle attendait que la station Place-des-Arts ouvre ses portes. «Même si le conflit ne dure que trois ou quatre jours, ce n'est pas justifié compte tenu du stress que ça nous cause», a-t-elle ajouté.
Alla Petremko dénonçait elle aussi le recours à la grève. Elle a dû patienter pendant trois heures avant de pouvoir reprendre le métro pour retourner chez elle en milieu d'après-midi. «Je sais que les négociations sont complexes et que c'est important pour les employés, mais il ne devrait pas y avoir de grève. Il existe bien d'autres moyens pour régler de tels conflits», a-t-elle indiqué.
La dernière grève dans le réseau de transport en commun montréalais remonte à 1987. Elle avait duré 27 jours et avait été déclenchée par les chauffeurs d'autobus et les opérateurs de métro. Ces mêmes syndiqués avaient été à l'origine d'un autre conflit qui avait duré 30 jours en 1984. De leur côté, les employés d'entretien avaient eu recours à la grève illégale pendant deux jours en 1983 avant d'être mis en tutelle par le gouvernement du Québec.
Les usagers du transport en commun devront faire contre mauvaise fortune bon coeur encore aujourd'hui en espérant qu'une entente surviendra à la table de négociation. Si le conflit persiste, le transport en commun sera paralysé durant la fin de semaine.
La STM n'écarte pas la possibilité de verser un dédommagement financier aux usagers détenteurs d'une carte autobus-métro (CAM), mais encore faudra-t-il déterminer qui a subi des préjudices, puisque ceux qui ont recours au transport en commun pendant les heures de pointe ont droit à un service normal, a précisé hier la porte-parole de la STM, Odile Paradis.
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