Le Fonds de solidarité met le cap sur la croissance «rentable»
Mots clés : ftq

Photo: Jacques Nadeau
Après avoir affiché des pertes de 360 millions au premier semestre de l'année 2002-2003, le Fonds a rebondi au deuxième semestre clos le 30 juin 2003 pour afficher un bénéfice net de 35,4 millions. Le Fonds affiche donc un résultat négatif de 325,5 millions (moins 6,9 %). En 2001-2002, le Fonds avait signé une perte de 550 millions $. En somme, il a mis fin à une période noire de 18 mois où il a englouti 910 millions. Le rendement annuel moyen s'établit à moins 0,5 % pour les cinq dernières années et à 3,6 % sur 10 ans.
L'action du Fonds a donc repris 0,10 $, terminant l'exercice au 30 juin 2003 à 20,36 $, comparativement à 22,02 $ en 2002 et à 24,98 $ en 2001.
Pierre Genest a reconnu que la hausse de 10 cents par action «n'est pas beaucoup, [mais] nous savons que nous pouvons faire mieux et nous ferons mieux».
Le président de la centrale syndicale, Henri Massé, qui est aussi président du conseil d'administration du Fonds, attribue principalement les mauvais résultats au «contexte économique nord-américain».
Pour la première fois de son histoire, le Fonds avait dû faire ses premiers licenciements l'été dernier, ce qui «n'est pas pas dans la culture du monde syndical», a avoué M. Massé.
M. Genest a affirmé que l'organisme avait tiré des leçons de cette période éprouvante, assurant que les équipes étaient désormais plus petites, plus rapides et plus prévoyantes dans leur prise de décision, qu'il y avait eu une «réorganisation dans les investissements», que le suivi des entreprises était plus serré.
M. Genest a aussi précisé que le «revirement», la bonne performance du deuxième semestre 2002-2003, était notamment imputable à la remontée du marché des obligations, qui constitue près de 40 % des actifs du Fonds. De même, de nombreuses PME ont «travaillé fort pour améliorer leur situation», se départir d'activités moins rentables, etc.
L'actif net du Fonds s'élève à 4,6 milliards. Il a investi 368 millions dans 2104 entreprises et a contribué à créer ou à sauvegarder plus de 90 000 emplois.
Par ailleurs, l'organisme a obtenu du ministère des Finances du Québec la permission d'investir dans des entreprises de plus grande envergure afin de pouvoir les appuyer dans leur croissance. Souvent, le Fonds devait se retirer d'une entreprise pourtant très rentable parce qu'elle dépassait la taille permise par les règles d'investissement du Fonds.
«Nous pourrons aider des entreprises qui pourraient être parmi les dix leaders mondiaux, a expliqué M. Genest, en faire des prédateurs plutôt que des proies» -- leur permettre d'acheter leur concurrent plutôt que de se faire acheter, en d'autres mots.
Par ailleurs, le Fonds a aussi annoncé qu'il allait changer ses dates de fin d'année financière à compter de 2004, au 31 mai plutôt qu'au 30 juin, pour donner aux acheteurs une valeur plus juste de l'action, qui sera désormais dévoilée au début de janvier et de juillet.
Enfin, la campagne de souscription de 2002-2003 a été la troisième meilleure de l'histoire du Fonds et a permis de recueillir 725 millions. Les actionnaires qui investissent leur épargne dans le Fonds obtiennent un crédit d'impôt de 30 %. Le Fonds compte plus de 550 000 actionnaires.

