Opinion

Démocratie scolaire - Des élections à ne pas oublier

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Collectif,

Édition du samedi 08 et du dimanche 09 novembre 2003

Mots clés :

Les prochaines élections scolaires auront lieu le 16 novembre partout au Québec. Peu de personnes se déplaceront pour y participer, à en juger d'après les élections précédentes et malgré les efforts de mobilisation de la part de la direction générale des élections et d'autres organismes tels le Comité femmes et développement régional du Conseil régional de développement de l'île de Montréal. En tout, 876 candidats ont été élus par acclamation au Québec, soit 67 % des postes à pourvoir. En 1998, on en comptait 55 %.

À l'échelle du Québec, les citoyens de quatre commissions scolaires au Québec n'iront pas voté, leurs commissaires ayant tous été élus par acclamation. De plus, six circonscriptions, soit 1 %, se retrouvent sans candidat. Sur le territoire de l'île de Montréal, on compte cinq commissions scolaires: trois commissions françaises et deux commissions anglaises. Outre la commission scolaire Lester B. Pearson, où 68 % des postes ont été pourvus par acclamation, plus de 60 % des postes à pourvoir dans les quatre autres commissions feront l'objet d'élections, allant même jusqu'à 100 % des postes pour la Commission scolaire de Montréal.

On avance plusieurs explications de cette désaffection. Du succès de la réforme scolaire à la méconnaissance du rôle des commissaires en passant par leur manque d'implication dans la société, ce désintérêt pour le travail des commissaires scolaires risque d'avoir un impact considérable sur l'avenir de nos enfants et des adultes en formation.

Soixante commissions scolaires françaises et neuf anglaises sont chargées d'organiser et de dispenser des services d'enseignement aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire, ainsi que des programmes éducatifs pour les adultes. Elles offrent des services complémentaires aux élèves jeunes et adultes et fournissent des services à la communauté. Les commissaires déterminent donc les orientations, les politiques et la répartition des ressources humaines, financières et matérielles dont disposent les commissions scolaires.

Porteuses d'enjeux

Les élections dans les commissions scolaires sont donc porteuses d'enjeux importants qui touchent l'ensemble de la société et son avenir. La société civile aurait tort de s'exclure par son indifférence aux orientations prises en matière de lutte contre le décrochage, au sexisme dans les manuels et à l'homophobie, aux décisions prises contre le taxage et autres formes de violence dans les écoles ou encore en matière de francisation et de formation professionnelle. Il s'agit d'autant de responsabilités qui seront déterminantes pour l'éducation donnée aux enfants et, donc, pour l'avenir de notre société. Comment peut-on dire que ces élections ne sont pas importantes?

Un autre enjeu essentiel de ces élections scolaires est systématiquement négligé: les commissaires auront à représenter la diversité québécoise dans leurs décisions. Afin que les besoins de tous soient pris en compte, il faudra pour cela que les commissaires élus soient représentatifs d'un Québec où la moitié de la population est féminine et qui se compose d'une bonne proportion de membres des communautés culturelles.

On pourra par exemple remarquer, à la lecture des listes de candidatures de l'île de Montréal, que le ratio femmes-hommes n'est respecté qu'à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, où 50 % des candidats sont des candidates alors que, dans les autres commissions, la proportion fluctue entre 25 et 35 % seulement. Pour l'ensemble du Québec, 48 % des commissaires élus par acclamation sont des femmes, mais les résultats finaux pourraient être moins intéressants puisqu'il n'y a que 42 % de femmes qui se présentent aux autres postes à pourvoir. Quant à la présence de candidatures provenant des communautés culturelles et particulièrement des minorités visibles, nous constatons, malgré l'amélioration des dernières années, une sous-représentation importante.

S'il est trop tard pour présenter sa candidature, il ne l'est pas pour aller voter le 16 novembre et se prévaloir, comme à tous les quatre ans, de ses droits civiques. Voter le 16 novembre, c'est participer activement à l'avenir des enfants québécois et des adultes en formation, à l'amélioration de l'éducation et de la défense des valeurs sociales que les Québécois veulent transmettre à la jeunesse. Voter le 16 novembre, c'est aussi renforcer la démocratie et la citoyenneté.

Rivka Augenfeld

Présidente de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées immigrantes

Lise Gervais

Coordonnatrice générale du Relais-femmes

Sylvie Majeau

Vice-présidente du Comité femmes et développement régional du Conseil régional de développement de l'île de Montréal (CRDIM)

Rosalie Ndejuru

Directrice générale du Centre de documentation sur l'éducation des adultes et la condition féminine (CDEACF)

Bernard Normand

Directeur général de l'Institut canadien de l'éducation des adultes (ICEA)

Réjean Parent

Président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Christian Pelletier

Coordonnateur du Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec

Arthur Sandborn

Président du Conseil central du Montréal métropolitain (CSN)

Michel Thibault

Secrétaire général du Conseil régional de la FTQ


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