Shopping: Trouvailles sur l'avenue du Mont-Royal

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Hélène Pâquet
Édition du samedi 08 et du dimanche 09 novembre 2003

Mots clés : shopping

Au coin des bas, l'une des meilleures adresses en ville pour son choix de collants.

Photo: Jacques Grenier

Nous publions aujourd'hui le troisième d'une série de textes qui présenteront régulièrement des sites intéressants pour le magasinage, qu'il s'agisse de centres commerciaux, de bouts de rues ou même de secteurs entiers, à Montréal ou ailleurs. Ces endroits sont parfois situés dans des recoins discrets mais, même plus connus, ils peuvent toujours se montrer sous un angle insoupçonné.

Ce n'est plus uniquement une rue marchande, c'est devenu autre chose. Depuis qu'elle a trouvé une place dans les magazines à la mode en tant que lieu branché, l'avenue du Mont-Royal, avec ses 45 restaurants, sa bonne dizaine de bars et... ses dix boulangeries, a un visage nouveau. Woolworth est devenu L'Aubainerie, Ty-Coq, qui grille du poulet depuis 50 ans, a gagné du galon pour devenir un bistro... Bref, l'effet mode et la spéculation qui l'a accompagné ont fait de l'avenue un lieu où la promenade est aussi agréable que riche en découvertes pour qui cherche un peu d'inusité.

Des lieux presque légendaires

L'avenue du Mont-Royal version 2000 a fait se revamper bien des adresses qui sont là depuis des générations. Ainsi, entre Fullum et de Lorimier, Montréal-les-Bains, après avoir été plomberie, est devenu le temple de tout ce qui se fait d'élégant pour la salle d'eau. La Maison du Rôti, près de la rue de Bordeaux, s'est transformée en palais des carnivores avec ses cuisses de pintade confites, son foie gras, sa viande de bison et autres produits fins. Tony Pappas, près de Papineau, est maintenant un chic magasin après avoir été un modeste «salon de chaussures» pendant 100 ans. Seul subsiste, dans sa forme à peu près originale, le Centre du cuir pour elle et lui, archiconnu et logé à l'angle de Papineau.

Bourgeoise et prolétaire

À l'image des gens du quartier, l'avenue est hybride, prospère et populaire, fashion victim et bohème en même temps. Ce contraste fait se voisiner des adresses comme la Bijouterie J. Omer Roy, près de Marquette, où des générations d'hommes ont choisi la bague de fiançailles de leur promise depuis 1919, et Moug, une bijouterie haut de gamme qui a longtemps logé sur Crescent. Il y a aussi Chaussures Rossini, près de Chambord, au 1264, un magasin de chaussures comme dans les années 60, et Bobino-Morency, au 1272, un magasin de jouets qui fait rêver les enfants depuis les années 60 et qui fait concurrence à Diabolo, un très beau magasin de jouets ouvert dans les années 90.

L'avenue compte bien sûr une foule d'adresses pour combler les jeunes prospères venus s'établir dans le coin: Plein Sud, Platô, Industrie, Miss Swiss et quelques autres s'arrachent une clientèle de dandys qui magasine aussi au centre-ville. Quelques noms valent résolument une visite: Cuirs Mont-Royal, minuscule mais offrant un choix épatant; Lingerie Ancora, au 1235, qui ne paie pas de mine mais offre de la lingerie à prix ultradoux, Au coin des bas, près de Saint-Hubert, l'une des meilleures adresses en ville pour son choix de collants, et Secrets d'hommes, une excellente adresse pour des vêtements détente au masculin. Et pour la maison, il y a Farfelu, qui loge dans deux boutiques qui se font face, avec ses trouvailles rigolotes; Capharnaüm, au 1556, une charmante boutique format poche où se côtoient antiquités et accessoires, ainsi que La Maison du Beau, avec ses rideaux, ses stores et ses tissus dignes d'habiller les condos chic qui pullulent dans le coin.

Rebelle et délinquante

À l'ouest de Saint-Denis, l'avenue quitte le monde des tendances pour afficher une allure plus déjantée. Au bar Bily Kun autant qu'à La Binerie, juste en face, être in n'a aucune importance. Le Pick-Up offre des disques de vinyle et des objets d'hier, les friperies Scarlett et Scarlett Junior proposent des vêtements modifiés avec une créativité qui vaut le détour, les boutiques comme Cruela et Diabolik font le bonheur des «gothiques» qui ont encore les moyens de se loger dans le quartier. En filant jusqu'à Outremont, on découvrira ainsi une foule d'adresses où dénicher de l'usager inédit, on arrêtera petit-déjeuner chez Beautys et on passera prendre des fleurs, qu'on donne presque, au Marché des plantes Venus, face au parc Jeanne-Mance. Pas de doute: l'avenue du Mont-Royal change, mais elle le fait au même rythme de Montréal, dont elle est un peu le miroir.


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