Opinion

Lettres: Les canyons Outaouais et Décarie

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Christian Gagnon, Montréal, le 30 octobre 2003

Édition du vendredi 07 novembre 2003

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Ainsi donc, les libéraux fédéraux ont refusé d'appuyer la motion bloquiste qui invitait Ottawa à reconnaître l'existence de la nation québécoise. Le prétexte invoqué par Stéphane Dion était qu'elle «emmêle la question de la nation avec celle du retrait avec compensation financière». Il n'est pas futile de rappeler que ce que la motion du député de Trois-Rivières, Yves Rocheleau, appelait le droit de retrait avec pleine compensation financière pour toute initiative fédérale faisant intrusion dans les compétences québécoises n'était qu'une des cinq conditions jugées minimales par Robert Bourassa pour réintégrer le giron constitutionnel canadien «dans l'honneur et l'enthousiasme».

Ce que le jargon des défunts accords du Lac-Meech et de Charlottetown appelait l'opting-out constitue une revendication qui fait l'unanimité de tous les partis représentés à l'Assemblée nationale du Québec. L'échange qu'y ont eu Jean Charest et Bernard Landry sur le sujet a néanmoins permis de constater que les députés du West Island n'étaient pas enclins à se joindre à leurs collègues du caucus du PLQ et à applaudir leur premier ministre qui affirmait qu'il n'a «aucune hésitation à dire que le peuple québécois, nous sommes une nation».

Le fossé entre les points de vue souverainiste et fédéraliste n'a rien de nouveau. Mais en ce 28 octobre, la rivière Outaouais et l'autoroute Décarie avaient vraiment des allures de canyons.


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