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Dossier Maher Arar

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Bruno Marquis
Envoyé Le jeudi 06 novembre 2003 13:00



Il y a lieu, dans le dossier Maher Arar, de s'interroger sur la couverture qu'en ont faite les journalistes, particulièrement en ce qui concerne le rôle du gouvernement canadien. Alors qu'ils se devraient d'agir comme de véritables chiens de garde, comment ont-ils pu laisser le gouvernement du Canada s'en tirer ainsi en niant pendant plus d'un an ses obligations à l'endroit d'un citoyen canadien arrêté et maltraité par un gouvernement étranger, sans qu'aucune accusation ne soit jamais portée contre lui.

Le gouvernement canadien avait l'obligation morale et légale d'intervenir et d'empêcher le gouvernement américain ou tout autre gouvernement de déporter l'un de ses citoyens vers quelque lieu étranger que ce soit et à plus forte raison vers un lieu de torture. Qu'il ne l'ait pas fait relève véritablement du scandale et que les médias québécois et canadiens n'aient pas rendu compte de cet écart de conduite de sa part relève de la médiocrité la plus profonde ou de la complicité la plus abjecte.

C'est dans de telles situations que se révèle dans toute sa clarté l'effet dévastateur de la concentration de la presse et des médias d'information en général entre les mains de magnas et de multinationales. D'un scandale à l'autre et d'une magouille à l'autre, le gouvernement canadien sort chez nous toujours blanc comme neige de tout ce qu'il commet d'odieux ou cache d'infernal.

Non seulement les médias, ici comme ailleurs, détruisent-ils ainsi les bases mêmes de la démocratie que sont le droit à une information honnête et de qualité, mais elles oeuvrent de façon consciente et cohérente à l'élimination à moyen terme du rôle de citoyen conscient, informé et actif dans la société, le seul, ce rôle de citoyen, qui soit en mesure d'empêcher le secteur privé et le capitalisme de rendre toute démocratie inopérante à moyen terme pour à plus long terme en éliminer les mécanismes.

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