Danseurs nus et ecclésiastiques sauront-ils faire bon ménage?
Mots clés :
Le Club 281 déménage, mais sa voisine, l'Église unie de Saint-Jean, supporte mal sa présence
Le Club 281 s'est trouvé un nouveau toit rue Sainte-Catherine et ses effeuilleurs pourront reprendre du service dès que l'établissement aura obtenu son permis de vendre de l'alcool. Mais l'arrivée du Club 281 est loin de plaire à son nouveau voisin, l'Église unie de Saint-Jean, qui estime avoir été flouée par l'arrondissement de Ville-Marie dans toute cette affaire.Il a finalement trouvé où loger au 94 de la rue Sainte-Catherine Est et il a récemment obtenu de l'arrondissement de Ville-Marie son permis d'occupation. Il ne manque à l'établissement que son permis d'alcool pour que les danseurs puissent de nouveau monter sur scène.
Les fidèles de l'Église unie de Saint-Jean, située tout juste à côté, ne prisent guère l'arrivée de ce nouveau voisin. En mars dernier, la communauté a d'ailleurs exprimé son opposition à la présence du club comme voisin et répondu un non catégorique au bar qui lui offrait un don en argent en échange de son appui.
Puis, dans une lettre datant du 6 mai, l'église a exposé la position de ses fidèles aux représentants de l'arrondissement. «Nous ne saurions endosser les valeurs de commercialisation et d'exposition du corps humain qui nous semblent être l'une des spécificités du Club 281. Cependant, nous croyons [...] qu'il nous serait possible, dans l'éventualité du déménagement du Club 281 dans l'édifice adjacent à notre église, d'entretenir des relations cordiales et respectueuses de bon voisinage avec les propriétaires et la clientèle du Club 281.»
Or l'arrondissement a interprété ces propos comme un appui au projet de relocalisation du club, une condition essentielle pour délivrer le permis d'occupation puisque l'établissement se trouve à moins de cent mètres d'un lieu de culte.
L'Église unie de Saint-Jean nie avoir donné le feu vert au déménagement du bar de danseurs. «Il n'y a jamais eu d'entente de notre part», écrit Pierre Wilfrid Landry, de l'Église unie de Saint-Jean, dans une missive adressée à l'arrondissement et datée du 7 octobre. «Si notre lettre fut interprétée de cette façon, il y a grave erreur et il est sans équivoque que le requérant (Club 281) a été favorisé à notre grand détriment sans que personne de la Ville de Montréal ou de l'arrondissement Ville-Marie nous consulte.»
«Nous avons, de plus, la désagréable impression d'avoir été floués ou sinon, induits en erreur et nous exigeons que cette situation se corrige dans les plus brefs délais, poursuit-il. À défaut d'action, il est clair que nous entreprendrons les mesures et procédures nécessaires sans autre avis.»
L'Église unie a eu maintes fois l'occasion de faire valoir son point de vue lors d'audiences publiques et elle ne l'a pas fait, indique Jean-Luc Thibault, l'attaché de presse du président de l'arrondissement, Martin Lemay, en ajoutant que l'arrondissement a respecté toutes les règles de procédure.
La conseillère Louise O'Sullivan, minoritaire au conseil d'arrondissement, n'est pas de cet avis et trouve inacceptable que l'opposition de la communauté religieuse ait été ignorée et demande que le dossier soit examiné par le contentieux de la Ville de Montréal afin de dénouer l'imbroglio.
Vos réactions
Aucun commentaire ... soyez le premier !

