États-Unis - Bush signe une loi restreignant l'avortement

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AP
Édition du jeudi 06 novembre 2003

Mots clés : avortement, bush

Washington -- Le président américain George W. Bush a signé hier une législation interdisant une méthode chirurgicale d'avortement tardif, offrant ainsi une victoire aux opposants à l'interruption volontaire de grossesse alors même qu'un juge fédéral s'est interrogé sur la constitutionnalité du texte.

«Pendant des années, une terrible forme de violence a été dirigée contre des enfants» près de naître, a souligné le chef de la Maison-Blanche en signant ce texte interdisant une procédure baptisée partial-birth abortion (avortement par naissance partielle) par ses détracteurs. Aujourd'hui, le «peuple américain et notre gouvernement [...] défendent l'enfant innocent», a-t-il ajouté, jugeant que le texte l'aiderait, comme d'autres, à bâtir «une culture de vie» en Amérique.

Une cérémonie réunissant quelque 400 parlementaires et opposants à l'avortement a été organisée par la Maison-Blanche dans un bâtiment fédéral portant le nom de l'ancien président Ronald Reagan, farouche partisan des groupes anti-IVG.

Mais avant même que le président Bush ne vote cette loi, approuvée le mois dernier par la Chambre des représentants et le Sénat, un juge fédéral du Nebraska s'est vivement interrogé sur la constitutionnalité du texte lors d'une audience consacrée à une action en justice contre cette nouvelle législation. «Il est probable que je signe une ordonnance», a déclaré le juge Richard Kopf. Outre le Nebraska, des audiences consacrées à des actions similaires ont également eu lieu hier à San Francisco et New York.

Pleinement conscient des éventuels obstacles, le président Bush a déclaré que l'exécutif «défendra vigoureusement cette loi contre quiconque voudrait tenter de la renverser devant les tribunaux».

Des textes similaires avaient été bloqués par le veto de l'ex-président Bill Clinton. La loi, adoptée le mois dernier par le Congrès, interdit une procédure d'avortement effectuée au deuxième ou au troisième trimestre de grossesse et n'autorise aucune exception si la santé de la femme est en danger.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, a souligné, sans autres précisions, que le président soutient des mesures législatives supplémentaires pour restreindre la pratique de l'IVG. Mais le président Bush est également attentif aux électeurs plus modérés, qu'il ne peut se mettre à dos, et a réaffirmé la semaine dernière qu'une interdiction totale de l'avortement n'entrerait pas dans ses plans.


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