Spectacles - Les petites salles de Montréal se parlent
Mots clés : salles, mobilisation
Les auditoires en baisse et le manque de financement sont des écueils qui forcent à la mobilisation
Jeudi dernier, la journée où le Café Chaos, à Montréal, lançait une campagne publique pour tenter de se remettre de ses difficultés financières, une petite foule de représentants de petites salles se réunissait pour tenter de raviver l'idée de collaborer entre eux. Le but de l'entreprise: sensibiliser le milieu, le public et les divers paliers de gouvernement à soutenir ces petits intervenants de la culture.Cette première réunion avait pour but de «remettre à l'ordre du jour des salles la création d'une association des petits lieux de spectacles», explique Sébastien Croteau. Étaient présents les gens du Café Chaos, du Va-et-Vient, des Foufs, du Swimming, du Café Campus, de L'Hémisphère Gauche et du Kola Note, pour ne nommer que ceux-là. L'idée est de se concerter afin de mieux représenter les intérêts communs.
«Le manque de reconnaissance de l'État en ce qui a trait au rôle que jouent les petits lieux de spectacles dans le développement de la culture» est le point chaud de cette réunion. Plusieurs artistes passent par les petites salles pour ensuite plonger dans l'industrie. Plusieurs salles de spectacles sont en difficultés financières alors qu'elles jouent un important rôle de soutien dans la diffusion des pratiques émergentes à titre de tremplin pour la relève. «On n'est pourtant pas reconnus pour ce rôle. Cette reconnaissance doit passer par un soutien financier. Sinon, dans quelques années, on va se retrouver uniquement aux prises avec une culture de masse. Les bars sont des écoles pour les artistes. J'ai appris dans ces écoles», ajoute celui qu'on connaît aussi comme le chanteur de plusieurs formations alternatives montréalaises, dont Les Globe-Glotters.
La refonte de la Loi sur le statut de l'artiste, et plus particulièrement la notion de producteur, a aussi été abordée. Il a été question que la nouvelle association fasse ses propres démarches en ce qui concerne ce dossier. «Est-ce que, par exemple, le statut de loueur de salle devrait être enchâssé dans le loi pour ne pas le confondre avec celui de producteur?», demande Sébastien Croteau.
Les filets sociaux de l'artiste sont aussi une source d'inquiétude pour Sébastien Croteau. Si de nouvelles dispositions à la loi québécoise devaient être inspirées de la loi française sur les intermittents, qui a fait couler beaucoup d'encre dans les journaux à l'été, alors de nouvelles catégories de salles devront être créées. «Cette loi en France fonctionne parce que les salles doivent répondre à des normes précises. Si on pense implanter le statut d'intermittent, alors certaines salles devront être considérées comme professionnelles, d'autres pas.»
Le cas de la Guilde des musiciens n'est plus le dossier le plus chaud. Depuis les changements à sa direction, la Guilde a créé des comités pour étudier les questions des musiques émergentes, des bars et de la musique non symphonique. Toujours selon Sébastien Croteau, le traitement des dossiers devant la Commission de reconnaissance des associations d'artistes et des associations de producteurs en ce qui concerne les petites salles sont suspendus jusqu'à nouvel ordre.
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