Dopage - Jeanson est blanchie

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Geneviève Otis-Dionne
Édition du samedi 25 et du dimanche 26 octobre 2003

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La cycliste devra toutefois se soumettre à un second test

L'Union cycliste internationale (UCI) a déclaré hier que le test antidopage administré à Geneviève Jeanson le 11 octobre dernier s'est révélé négatif. La cycliste a affirmé par voie de communiqué hier n'être «ni surprise ni soulagée» du résultat car elle n'avait «aucune inquiétude». «Je n'ai jamais pris de substance interdite, il est donc impossible d'en trouver trace dans mon urine.»

L'athlète canadienne n'avait pas été autorisée à participer aux Championnats du monde à Hamilton plus tôt ce mois-ci en raison d'un niveau d'hématocrite trop élevé, révélé lors d'une prise de sang. L'UCI avait alors décidé de prendre un échantillon d'urine de la cycliste et de l'envoyer au laboratoire de Lausanne, en Suisse, pour la recherche d'érythropoïétine (EPO).

L'EPO, une drogue utilisée en majeure partie par les athlètes qui pratiquent des sports d'endurance, augmente le niveau d'hématocrite (globules rouges) dans le sang des sportifs. «Plus on a de globules rouges, plus on est en mesure de donner de l'oxygène aux muscles. Et l'oxygène, c'est le principal carburant pour les athlètes d'endurance», explique Louis Barbeau, directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes.

Mme Jeanson explique son niveau élevé d'hématocrite, dont elle refuse de donner le taux exact, par l'utilisation d'une tente hypoxite. Cet appareil diminue la pression atmosphérique, «comme si vous étiez en altitude», décrit M. Barbeau. «Le corps produit alors une plus grande quantité d'hématocrite pour être en mesure de compenser le manque d'oxygène.»

Un doute subsiste

Malgré le résultat négatif du test antidopage mené sur l'urine de l'athlète, un certain doute subsiste. D'abord, l'EPO ne reste qu'une journée ou deux dans l'urine alors qu'elle demeure plus longtemps dans le sang. «De prime abord, ce qu'on souhaite, c'est qu'il n'y avait pas de trace d'EPO lors du test parce qu'il n'y en a jamais eu. Par contre, peut-on l'assurer hors de tout doute?», se demande M. Barbeau.

«Compte tenu du fait que la présence dans le système est de courte durée alors que les effets en matière d'augmentation du taux d'hématocrite peuvent durer de une à trois semaines, on ne peut pas l'affirmer hors de tout doute», répond-il.

En ce qui concerne l'utilisation de la tente hypoxite, selon la littérature sur le sujet, celle-ci n'augmente pas de façon considérable le taux de globules rouges dans le sang (2 ou 3 % seulement). «Certains cas exceptionnels [qui utilisent la tente] présentent des taux plus élevés. Est-ce que c'était un cas exceptionnel [celui de Geneviève Jeanson]? On ne peut pas le savoir», affirme M. Barbeau.

Le taux accepté par l'UCI pour les femmes est de 47. Dans le but de protéger les athlètes, l'organisme empêche de courser les personnes qui ont un taux d'hématocrite trop élevé. Plus il y a de globules rouges dans le sang, «plus le sang est visqueux et plus les risques d'accidents cérébro-vasculaires sont grands», explique M. Barbeau.

De son côté, l'athlète a déclaré être «en règle avec les autorités sportives, en paix avec [s]a conscience», et avoir «la confiance de mes commanditaires. L'incident est donc clos».

«Toutefois, je suis très contente d'opposer le résultat de ce nouveau test à tous ceux qui entretiennent des soupçons sur mon intégrité, en particulier ceux qui m'ont condamnée avec beaucoup d'empressement», a ajouté Mme Jeanson dans une pointe lancée à ses compatriotes Lyne Bessette et Manon Jutras, qui avaient vivement réagi à l'exclusion de la cycliste.

L'athlète, qui risquait une suspension de deux ans, devra toutefois se soumettre à un second examen de son hématocrite avant de pouvoir récupérer sa licence.


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