K.-O., le Chaos?
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La coopérative du Café Chaos est en sérieuses difficultés financières, mais elle tient le fort. Depuis six mois, la majorité des employés de la coopérative du quartier latin réinvestissent leurs salaires dans l'aventure, qui dure depuis huit ans. Or, les gens de ce qui a été trop souvent qualifié de «terreur du quartier latin» disent que les six derniers mois ont été plus durs que les huit années précédentes.
L'heure est grave pour la coopérative bien présente dans la défense des cultures marginales, comme celles qui ont été malheureusement éclaboussées par les récentes émeutes au centre-ville. Dans un courriel, Ugo Cloutier, coordonnateur du secteur socioculturel du Café Chaos, donne comme explication aux difficultés de la petite entreprise que «le projet de relocalisation de nos activités dans un immeuble plus grand et mieux équipé ne semble pas avoir eu l'impact voulu auprès de notre clientèle. Conséquence: l'avenir du projet est menacé et, du même fait, sa mission de support de la relève et de la scène locale.» Le Café Chaos est déménagé cette année du 1637 de la rue Saint-Denis au 2031 de la même rue, pour mieux se positionner avec une salle de concerts pouvant contenir 150 personnes.
«Le Café Chaos est-il K.-O.?», se demande Cloutier. Selon lui, il faut à tout prix «reconquérir le temps perdu» et replacer la coopérative dans l'environnement culturel de Montréal, selon ses termes. Le Café Chaos, explique-t-il, n'a aucunement changé sa philosophie ou son mode de fonctionnement. Il s'agit d'un bar-salle de spectacles «aux allures punk et marginales» qui cherche «à se doter d'un environnement de travail de qualité (un système de son qui fonctionne, des murs avec moins de trous, du mobilier en état, etc.)». La question soulevée aujourd'hui concerne la viabilité de cette mission, dans un contexte où «les principaux alliés» de l'endroit semblent ne pas répondre à l'appel.
«Je pense ici à certains musiciens et producteurs qui ne semblent pas avoir réalisé que la coopérative s'est ajustée à leur demande et non pas à des intérêts pécuniaires. Il est triste de constater que la plupart des groupes qui ont débuté au Café Chaos n'y ont plus remis les pieds depuis belle lurette. Le Café Chaos se questionne donc sur la situation globale de la scène. Y a-t-il un désintéressement pour le mouvement d'entraide et pour la solidarité de la scène locale?» Groovy Aardvark, en 95, et Grim Skunk, sept ans plus tard, se sont produits au Chaos, comme les Cowboys Fringants et Les Abdigradationnistes, pour ne nommer que ceux-là.
Cet automne semble être «la saison de la dernière chance au Café Chaos». Pour remettre la coopérative sur les rails, la campagne de promotion de novembre veut donner un nouveau souffle à la nouvelle salle de spectacles. Optimiste, Cloutier soutient qu'«on entendra parler encore longtemps des exploits du Café Chaos, c'est juré!» Le milieu alternatif est concerné, de même que les fans.
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