Opinion
Libre opinion: La mémoire qui flanche
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Normand Thériault écrit dans le cahier «Professions» du Devoir, le 11 octobre dernier: «Ainsi... quand le gouvernement rendait obligatoire pour les professionnels reconnus le fait de détenir une assurance, un ordre «pauvre» comme celui des architectes a un moment porté le drapeau de la rébellion: avec quel argent ces professionnels sous-employés allaient-ils pouvoir payer les primes exigées?»
D'une part, l'Ordre des architectes du Québec n'a jamais été en «rébellion» au regard de l'obligation pour ses membres de souscrire à une assurance responsabilité professionnelle. Certes, il y a eu, lors des années 1994-1995, de vives discussions et de la dissension entre les membres de l'Ordre des architectes du Québec. Cependant, l'objet principal de ces discussions n'était pas l'obligation comme telle de s'assurer, puisqu'en pratique la très grande majorité des architectes l'étaient déjà.
Ce qui posait problème était plutôt la décision de l'Ordre de créer, à l'instar de quelques autres ordres, son propre fonds d'assurance responsabilité professionnelle et d'obliger les architectes à y souscrire (par opposition à la situation préexistante qui laissait aux architectes le libre choix de leur assureur). La contestation qui a eu cours était celle de quelques membres qui estimaient que la mise en place par l'Ordre d'un tel fonds autogéré leur était préjudiciable et qu'elle était risquée sur le plan financier.
Près de dix ans plus tard, force est d'admettre que ces craintes se sont avérées non fondées et que l'outil mis en place par l'Ordre permet à tous les architectes, peu importe la taille de leur pratique, de fournir au public une garantie adéquate contre leurs responsabilités professionnelles.
Quant au qualificatif d'ordre «pauvre» utilisé par M. Thériault, il a peut-être le mérite de traduire la dure réalité d'une profession qui, dans l'imaginaire collectif, demeure auréolée d'un grand prestige. Nous aurions cependant trouvé plus exact de parler d'une profession fragile, ou encore mieux fragilisée en bonne partie par le contexte économique et les conditions actuelles d'attribution des marchés.
Convenons que ce phénomène persiste encore aujourd'hui alors que les décideurs du secteur public ont mis sur pied des mécanismes d'attribution des contrats, dont le prix des honoraires et les économies à court terme ont prépondérance sur la durabilité, la fonctionnalité, les coûts d'opération à long terme et la qualité architecturale des bâtiments qui façonnent notre environnement.
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Réponse de Normand Thériault
J'ai «mémoire» de cette assemblée extraordinaire de l'Ordre des architectes tenue un jour de décembre dans un grand hôtel du centre-ville de Montréal, puisque j'en assumais la présidence. Pour le reste du texte, à un qualificatif près, les propos se rejoignent.

