L'ADISQ -- gala hors d'ondes - La revanche des modestes

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Sylvain Cormier
Édition du mardi 21 octobre 2003

Mots clés : adisq

Les Cowboys Fringants ont reçu hier le Félix du meilleur album alternatif de l'année.

Photo: Jacques Grenier

«Une année de catastrophes», a lâché d'entrée de jeu l'animateur Sylvain Larocque. «L'Irak, le SRAS, Star Académie...» L'humoriste de service du gala hors d'ondes de l'ADISQ cassant du sucre sur le dos des vedettes instantanées de la télé-réalité, c'était un peu comme le gars qui va se plaindre au pied du Mur des lamentations. Aussi les gens de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo, entassés hier au Spectrum pour l'annuelle surboum des pas-assez-connus-pour-le-gala-télévisé-de-dimanche, avaient-ils la flèche en travers de la gorge, eux qui ont l'an dernier vendu moins de disques ensemble que les staracadémiciens seuls.

Heureusement qu'il y avait des prix de consolation. Bob Walsh faisant avaler à Céline tout le désert du Nevada, par exemple: tout le monde était bien content que ce soit le cher bluesman qui reparte avec le Félix de l'«artiste québécois s'étant le plus illustré dans une autre langue que le français». Le distributeur Dep coiffant le géant Sélect au poteau, puis le Festival en chanson de Petite-Vallée damant le pion au Festival international de jazz de Montréal, cela ressemblait aussi à une sorte de justice. Une revanche des modestes. Ça compensait pour la «razzia» d'un Michel Cusson (selon son expression, ironique à souhait), qui est parvenu à se battre lui-même: deux Félix pour Un homme et son péché, rien pour Bunker. Hégémonie du succès que les Cowboys Fringants n'ont pas manqué de dénoncer, s'étonnant de la victoire de leur propre live aux dépens des albums de matériel original des Chiens et autres Groovy Aardvark de la catégorie «alternatif»: «C'est parce qu'on est plus connus astheure...»

Un brin revancharde, un chouia cynique, servie par un animateur assez baveux merci, la soirée d'hier était néanmoins bonne pour le moral. Se sont succédé au podium des artistes particulièrement méritants, dont le bonheur d'être enfin reconnus réchauffait les pairs. Chloé Sainte-Marie en pleurait, offrant son Félix de l'album folk contemporain de l'année à son Gilles Carle et à tous ses poètes. Les Ours n'en revenaient pas non plus du leur (catégorie country), et encore moins le bassiste Michel Robidoux, vétéran de l'ère faste des Charlebois et Ferland. Extatiques, Les Charbonniers de l'enfer donnaient l'impression d'avoir raflé la Coupe Stanley de la musique traditionnelle. Guy A. Lepage, qui recevait pour une sixième fois en six ans le Félix de l'émission de télé de l'année (humour) pour Un gars, une fille, avait le regard embué. Et si Ariane Moffatt et ses collaborateurs ont presque fait chou blanc dans les catégories dites «techniques» (un Félix sur cinq, pour la réalisation d'Aquanaute), leur joie n'était pas feinte. D'autres heureux? Les Jardiniers, Annie Broccoli, François Pérusse, Muzion, Intakto, etc. (Liste complète sur le site www.adisq.com.)

Pareillemment impossible d'ignorer la popularité de La Compagnie Larivée Cabot Champage (et leur section disques, La Tribu): les cinq statuettes amassées hier (une de plus qu'Audiogram)confirmaient leur statut d'équipe majeure dans l'industrie. On aura aussi noté la présence de nouveaux joueurs, sur lesquels il faudra dorénavant compter: Octant Musique et Zone 3 ne sont pas repartis bredouilles. Le producteur Guy Cloutier non plus: Dieu merci, ses trois Félix à lui ne concernaient pas son Loft Story. Tout n'est pas si catastrophique.


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com