La délicate question de la langue en technologies

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Michel Dumais
Édition du mardi 14 octobre 2003

Mots clés : technologie

Malheureusement, dans sa première incarnation, le serveur Rumba et ses applications ne seront pas francisés. Cela signifie qu'Axentra ne pourra pas vendre son produit sur son site Internet aux clients québécois, en raison des dispositions de la Charte de la langue française. Il sera possible de l'acquérir sur certains sites de commerce électronique canadiens et américains. Mais attention, un Rumba en français est prévu, lorsque certaines étapes seront franchies. Réponses à des questions auxquels beaucoup d'entrepreneurs répugnent à répondre.

Lorsqu'une société cherche à imposer sa marque de commerce dans plusieurs marchés, il arrive nécessairement un jour ou l'autre que l'on doive examiner de plus près la délicate question de la langue. Nombreuses sont les compagnies, et particulièrement celles qui sont situées au sud du 45e parallèle, qui n'envisagent d'aucune façon adapter leurs produits pour leurs clients allemands, français ou espagnols par exemple.

Pour Axentra, une société située à Hull, au Québec, cette question a rapidement surgi au cours des discussions tournant autour de la commercialisation du produit. Devait-on attendre et investir 50 000 $ de pluspour faire franciser entièrement le produit, ou rentabiliser le plus rapidement possible les opérations en visant en premier le marché américain?

Une question de validation

Selon Marc-Antoine Bengliat, chef de la direction chez Axentra, aussi connu pour avoir été un des cofondateurs de la firme Hemera, «ce n'est pas strictement une question de rentabilité au point où nous en sommes mais surtout une question de validation de la technologie, du produit et du marché».

Ce qui est plus évident à réaliser sur un grand marché homogène comme les USA. Ensuite vient la rentabilité, ou la projection de rentabilité, la décision de percer un nouveau marché, dans ce cas, celui de la francophonie en général, puis l'allocation des ressources nécessaires à la réalisation du projet en bonne et due forme. Encore une fois, la récupération de l'investissement se fera sur plusieurs marchés et à long terme, mais les dépenses engendrées par la pénétration d'un nouveau marché, si mal évaluées et ciblées, peuvent tout simplement conduire à la faillite.

De dire Bengliat, «la localisation d'un produit dans une langue, quelle qu'elle soit, est une simple conséquence de la poursuite d'une stratégie d'expansion, et non une fin en soi ou une réponse à une contrainte légale. Le marché québécois francophone fait partie de la stratégie de développement des marchés francophones, comme pour la Suisse ou la Belgique.»

«La vente sur le marché canadien-anglais, qui en passant regroupe un certain nombre de citoyens québécois dont la première langue est l'anglais, fait partie de la stratégie d'Axentra de vente globale au marché de langue anglo-saxonne, de Hong-Kong, à Londres en passant par les États-Unis, le Bélize et bien sûr le Canada anglais.»

«Tant que nous ne pourrons pas livrer un produit de qualité dans la langue du pays où il sera vendu, et que nous ne serons pas prêts à mettre les efforts commerciaux, de soutien et d'investissements nécessaires, nous préférons nous abstenir d'ouvrir ce marché. Et soit dit en passant, je respecte tout à fait les dispositions de la Charte de la langue française. Je suis en accord avec le fait qu'il faille respecter le fait français au Québec. Je ne suis pas un de ceux qui sont en guerre contre l'OQLF, loin de là. Mais lorsque Rumba sera vendu sur notre site Internet, soyez assuré que la localisation sera irréprochable.»


Vos réactions


Hull unilingue, Ottawa bilingue? - par Marc LECLERC
Le mardi 14 octobre 2003 08:00

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com