Première nuit dans des lits séparés - Les frères siamois égyptiens se portent bien

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AFP
Édition du mardi 14 octobre 2003

Mots clés : siamois

Selon le responsable de l'équipe qui a réalisé la délicate intervention, le docteur James Thomas, l'état des jumeaux égyptiens, maintenus en coma artificiel pour éviter d'éventuelles complications, est encourageant bien que  toujours «critique».

Photo: Agence Reuters

Dallas -- Les frères siamois égyptiens Ahmed et Mohamed Ibrahim ont passé leur première nuit dans des lits séparés et les médecins du Centre médical de pédiatrie de Dallas (Texas) restaient optimistes hier sur leurs chances de survie.

Ils sont «en bonne forme», a indiqué hier matin le responsable de l'équipe qui a réalisé la délicate intervention, le docteur James Thomas sur la chaîne de télévision ABC News.

L'état des jumeaux âgés de deux ans, maintenus en coma artificiel pour éviter d'éventuelles complications, demeure toujours «critique».

«Ils ont passé une très bonne nuit», a affirmé le médecin. Il a indiqué qu'«aucun grave problème» ne s'était manifesté quelques heures après l'opération.

Interrogé sur CBS News, le Dr Thomas a cependant souligné qu'il avait «peur de parler de façon trop positive. Je ne veux pas leur porter la poisse».

Des complications demeurent possibles, ont mis en garde les médecins. Ils craignent particulièrement l'apparition d'un gonflement inattendu des cerveaux des deux enfants.

Selon le Dr Thomas, la tension artérielle des jumeaux demeurait stable hier et les reins fonctionnaient «parfaitement».

Un an de préparation

Reliés au sommet du crâne, les deux frères ont été séparés après 26 heures d'opération, plus sept autres heures de chirurgie plastique, par une équipe composée d'une soixantaine de médecins, spécialistes et infirmières, qui ont travaillé pendant plus d'un an à la préparation de cette délicate opération.

Un des chirurgiens ayant participé à l'opération, Dale Swift, a indiqué dimanche que «les cerveaux des jumeaux n'ont pas pu être séparés aussi facilement que prévu». «Je ne pensais pas que cela serait aussi difficile; nous savions que les cerveaux étaient collés l'un à l'autre, mais nous pensions qu'ils pourraient se détacher relativement facilement, mais en fait ce ne fut pas le cas», a-t-il expliqué.

«Quand ils se réveilleront au bout d'une semaine, s'ils agitent bras et jambes je serai vraiment content», a déclaré David Swift. Mais «c'est une longue route».

Réactions de la famille

Le père des deux garçons s'est évanoui de joie et de soulagement à l'annonce de la fin de l'opération. Quand une infirmière a annoncé «nous avons deux garçons», la famille des deux enfants a éclaté en sanglots. «Le père m'a sauté au cou, m'a embrassé puis s'est évanoui», a raconté Nasser Abdelal, un pédiatre qui a accompagné les frères siamois du Caire au Texas. «La mère et tous les autres pleuraient et remerciaient la providence», a-t-il ajouté.

La partie la plus difficile et dangereuse de l'opération consistait à séparer les parties communes de leurs cerveaux et les vaisseaux drainant le sang vers les cerveaux.

Ahmed et Mohamed sont nés en juin 2001 dans une petite ville à 800 km au sud du Caire. Après y avoir été hospitalisés, ils ont pu être emmenés aux États-Unis en juin 2002 grâce aux efforts d'une Fondation caritative basée à Dallas. Les soins ont été couverts par une campagne de dons.

Cette opération était la première de ce type depuis celle tentée en juillet à Singapour sur deux siamoises iraniennes de 29 ans reliées par la tête. Elles n'avaient pas survécu plus de trois jours à l'opération. Par contre, en juillet 2002, une équipe de chirurgiens de Los Angeles était parvenue à séparer des soeurs siamoises guatémaltèques âgées d'un an.


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