Prix Michel-Jurdant - Des solutions aux problèmes de l'eau
Mots clés : acfas, recherche
Le professeur Chandra A. Madramootoo poursuit une carrière internationale dans le domaine de la gestion des ressource hydriques, de la qualité de l'eau et des bassins hydrographiques. Il occupe un poste de professeur titulaire au Département de génie agricole et des biosystèmes de l'université McGill depuis 1995.
Ce prix vient s'ajouter aux nombreuses récompenses qu'il a déjà reçues et qui ont salué la qualité de son travail: «C'est un prix majeur et on ne m'avait jamais rendu un tel hommage auparavant. C'est très significatif et ça témoigne du respect que me portent mes collègues et mes pairs. C'est très important pour moi et c'est un grand honneur.»
Le scientifique a vu le jour en Guyane et ce lieu d'origine l'a fortement inspiré dans son choix de carrière: «Il y a beaucoup de problèmes de gestion de l'eau dans ce pays en raison de nombreux facteurs en présence comme la crue et la sécheresse. Durant ma jeunesse, j'étais cultivateur de riz; c'était très important d'avoir une bonne connaissance de la gestion de l'eau à des fins d'irrigation et de drainage pour obtenir une récolte abondante.» Cette expérience de travail l'a marqué et il a choisi d'orienter ses études dans cette voie: «J'ai décidé d'étudier sur les questions de gestion de l'eau à l'université McGill. J'ai opté pour le Canada parce que mon père avait poursuivi ses études ici auparavant. J'ai vite apprécié la qualité des travaux effectués à McGill et je me suis aperçu à mon arrivée qu'il y avait beaucoup d'eau dans ce pays et au Québec; par conséquent, il existait beaucoup de problèmes dans la gestion de cette ressource.» À partir de là, il s'est attaqué à des sujets comme ceux des bassins versants, du contrôle de la pollution et de la crue des eaux.
Enseignement
M. Madramootoo a débuté sa carrière en 1984 en tant que chargé de cours au département de génie agricole et des biosystèmes. Il est devenu professeur adjoint en 1986, professeur agrégé en 1991 et titulaire en 1995; en 2001, l'université lui confiait la chaire d'enseignement James McGill. Il n'a pas perdu le feu sacré pour cet aspect de la tâche universitaire, malgré le cumul de toutes ces année passées dans les salles de cours: «C'est très, très important pour moi. Je donne trois à quatre cours chaque année. Il y en a un d'introduction sur l'ensemble de la problématique pour les étudiants du baccalauréat, un autre pour les étudiants gradués de maîtrise et de doctorat et qui porte sur les mêmes sujets. Aussi, à chaque printemps, je présente un autre cours au collège MacDonald.»
Il puise un enrichissement professionnel dans la transmission du savoir acquis au fil du temps: «De la sorte, je peux expliquer mes connaissances, mes solutions et mes projets de recherche aux étudiants. Pour moi, c'est absolument obligatoire, cet aspect du travail, et je cite à ce propos une phrase d'un recteur de McGill: "A good researcher is a good teacher", un bon chercheur est également un bon professeur.»
Recherche
Fondamentalement, le scientifique fait porter ses travaux de recherche sur le sujet suivant: «Ils [ses travaux] sont conduits dans le but d'obtenir premièrement une bonne vision des méthodes et des mécanismes de transport des pollutions sur les territoires agricoles. Ils portent sur les principes de physique qui s'appliquent à ce transport des pollutions dans les sous-sols, les nappes d'eau, les fossés, etc. Grâce aux connaissances accumulées, on développe des modèles pour évaluer et comprendre tout le processus; on se sert de celles-ci pour développer des solutions de contrôle de la pollution sur les territoires agricoles.»
Sous l'angle de la recherche, le professeur est très impliqué ailleurs dans le monde puisqu'il est vice-président de la Commission internationale des irrigations et du drainage (CIID) et membre du Conseil mondial de l'eau: «Un des objets de mes recherches est d'utiliser les connaissances acquises, les technologies développées et les résultats obtenus au Québec comme une plateforme pour identifier les solutions possibles à appliquer dans d'autres pays.»
Le Québec possède une très vaste expertise en matière d'eau et des équipes interuniversitaires de chercheurs chevronnées ont contribué à son rayonnement à l'extérieur du pays: «Nous avons plusieurs organisations -- comme Hydro-Québec, INRS-Eau, McGill, l'École polytechnique -- et beaucoup de professeurs et de spécialistes qui travaillent dans le domaine de l'eau. Nous avons aussi tout un éventail de problèmes relatifs à l'eau. Nous avons investi les budgets pour trouver ici des solutions. Je pense que nous possédons un laboratoire pour découvrir au Québec des solutions appropriées à d'autres endroits à travers le monde.» Des professeurs des universités Laval, McGill, de Montréal, Sherbrooke et d'autres instances universitaires sont impliqués dans des projets de recherche sur l'eau.
Chandra A. Madramootoo se tourne maintenant vers l'avenir et souhaite incessamment se lancer dans une autre aventure: «Je me tourne vers une recherche qui servirait à comprendre les mécanismes de changement de climat sur la qualité et les quantités de l'eau au Québec. C'est un sujet qui m'intéresse vivement et j'espère lancer un grand projet sur cette problématique avec des partenaires comme le gouvernement du Québec, Hydro-Québec et Alcan.»
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