Un agent du Renseignement iranien est inculpé pour le meurtre de Zahra Kazemi
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Téhéran -- Un juge enquêtant sur la mort de la photojournaliste irano-canadienne Zahra Kazemi a accusé hier un agent iranien du ministère du Renseignement, a annoncé le parquet de Téhéran.
Au départ, deux agents du ministère du Renseignement iranien avaient été accusés de la mort de Zahra Kazemi, mais le procureur avait rejeté les accusations le 1er septembre dernier, tout en demandant une enquête plus poussée.
Le juge Esmaeili a mentionné que l'autre agent -- qui était à l'origine l'un des deux accusés dans cette affaire -- ne ferait face à aucune accusation, rapporte une déclaration émise hier par le parquet iranien.
«Ce crime est attribué à seulement un de ces agents, et les raisons de cette inculpation ont été présentées dans la poursuite contre l'accusé», précise la déclaration contenant les détails de l'accusation portée par le juge.
Toujours selon cette déclaration, le juge conclut qu'aucun membre du gouvernement ou aucun organisme gouvernemental n'avait commandité ce meurtre.
Au départ, le procureur Saeed Mortazavi, partisan de la ligne dure dans le régime, a été cité en disant que Mme Kazemi, âgé de 54 ans, était décédée d'un accident cérébral. Mais un comité présidentiel avait par la suite discrédité cette thèse et avait découvert que cette dernière était morte de blessures à la tête subies en détention.
La mort de Zahra Kazemi est survenue près de trois semaines après son arrestation devant une prison de Téhéran, où elle prenait des photos d'une manifestation étudiante. Après 77 heures d'interrogatoire, elle avait été conduite d'urgence aux soins intensifs d'un hôpital, où elle est morte 14 jours plus tard.
Tanya Churchmuch, porte-parole de Reporters sans frontières, craint que l'accusation déposée contre l'agent ne soit qu'une couverture afin de protéger ceux qui ont vraiment joué un rôle dans le meurtre de Zahra Kazemi.
À Montréal, Stephen Hachemi, le fils de la photojournaliste, a réagi froidement à cette accusation, la qualifiant de geste de «manipulation de la part du gouvernement iranien».
La façon dont l'Iran a traité ce dossier a été décriée par le Canada, qui a notamment rappelé son ambassadeur après que le corps de la photojournaliste eut été inhumé dans sa ville natale de Chiraz, contre la volonté des autorités canadiennes et celle de son fils.
Mme Kazemi est née en Iran, mais elle possédait la double citoyenneté canadienne et iranienne.

