Commission d'enquête sur la forêt - Roger Nicolet est destitué
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Québec -- Le gouvernement Charest a décidé de retirer à Roger Nicolet la présidence de la commission d'enquête publique sur la forêt, qui doit entamer ses travaux cet automne, a appris la Presse Canadienne, hier, en marge du 12e Congrès forestier mondial.
Depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux, en avril, les deux ministres responsables du dossier, Sam Hamad (Ressources naturelles) et Pierre Corbeil (Délégué aux forêts), ne s'étaient pas montrés pressés de confirmer M. Nicolet dans ses fonctions, mais disaient n'avoir aucune objection à le voir diriger les travaux de la commission s'il se sentait à l'aise avec la nouvelle orientation souhaitée par le gouvernement en place.
Pourtant, les ministres n'ont jamais cherché à rencontrer M. Nicolet, reconnu pour être plus près des péquistes que des libéraux -- il s'était porté candidat du Parti québécois, en février 1994, dans Shefford, lors d'une élection complémentaire.
De plus, MM. Hamad et Nicolet -- deux ingénieurs dont les chemins se sont croisés dans le passé -- ne sont pas réputés pour avoir des atomes crochus, a indiqué une source.
Enquête publique
Le gouvernement libéral doit annoncer officiellement cette semaine, lors du congrès, la tenue de la commission d'enquête, très attendue dans le milieu écologiste. La commission devrait remettre son rapport au printemps 2004, une échéance serrée compte tenu de l'ampleur de la commande.
Le ministre Pierre Corbeil s'est engagé à élargir le mandat de l'enquête annoncée par l'ex-ministre péquiste François Gendron, de manière à lui donner un caractère public -- conformément aux demandes des écologistes -- et à passer au peigne fin la gestion forestière dans toutes ses dimensions, pas seulement industrielle. La commission doit être publique, scientifique et indépendante.
Elle avait été instituée pour faire suite aux inquiétudes manifestées par la vérificatrice générale par intérim, qui avait conclu, en décembre, que le ministère des Ressources naturelles ne possédait pas les outils nécessaires pour déterminer si oui ou non l'industrie respectait la capacité de rendement de la forêt.
Le 12e congrès mondial forestier réunit à Québec, au Centre des congrès, toute la semaine, plus de 4200 participants en provenance de 140 pays. Le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, et du Québec, Jean Charest, devaient prononcer une allocution, hier, jour d'ouverture de l'événement, mais ils se sont tous deux désistés, prétextant d'autres engagements.
L'événement se veut un vaste lieu de débats et de réflexion sur l'avenir de la forêt, mais il suscite déjà la grogne. Plus d'une centaine des militants de divers organismes écologistes ont manifesté en après-midi, à l'extérieur du Centre des congrès, en vue de dénoncer le parti pris industriel de l'événement.
«Qui est-ce qui commandite l'événement? C'est très mal parti pour donner de la crédibilité à une rencontre internationale. On peut voir des compagnies comme Abitibi-Consolidated, Tembec, Kruger, qui sont à la source de la destruction des forêts au Québec et qui ont été associées de près à cet événement-là», a déploré Richard Fecteau, porte-parole du Réseau du forum social régional Québec-Chaudières-Appalaches, qui est membre de la nouvelle coalition -- qui regroupe une vingtaine d'organismes régionaux et nationaux -- mise sur pied expressément pour intervenir lors de ce congrès. D'autres manifestations sont prévues au cours de la semaine.
Le ministre délégué aux Forêts doit par ailleurs annoncer, aujourd'hui, la création de 37 nouveaux écosystèmes forestiers exceptionnels, des sites de petite dimension qui seront donc soustraits à toute exploitation forestière ou minière. Le gouvernement entend protéger une centaine de sites d'ici à l'an prochain et vise à compter quelque 200 aires forestières protégées d'ici à la fin de la décennie.

