Une saison difficile s'achève - La Ronde ne s'amuse plus

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Alec Castonguay
Édition du lundi 22 septembre 2003

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Six Flags accumule les déficits

Peu importe les difficultés de Six Flags, La Ronde devrait continuer à appliquer son plan de développement comme prévu. - Source: Six Flags

Sans le dire officiellement, les dirigeants de La Ronde doivent pousser un soupir de soulagement avec la fin de la saison qui approche. Même une baisse d'achalandage en 2003 ne semble pas altérer leur moral.

C'est que l'été qui s'achève n'a pas été de tout repos au parc d'attractions de l'île Sainte-Hélène. «Le printemps s'est levé du pied gauche», ont certainement pensé les patrons de l'amusement quand l'interdiction d'apporter des lunchs sur le site a soulevé une tempête qu'ils n'attendaient pas. La colère des familles, frustrées de ne pouvoir économiser sur les repas, puis la volte-face de l'administration dans ce dossier, ont rythmé le début de l'été. Cette controverse a même éclipsé momentanément l'arrivée des sept nouveaux manèges.

À grand renfort de publicité, les investissements de Six Flags, propriétaire de La Ronde depuis 2001, ont finalement produit l'effet désiré, attirant les gens sur le site grâce à l'arrivée des nouvelles attractions.

Une effervescence ralentie au milieu de l'été par quelques incidents de manèges fortement médiatisés. Le Vampire qui reste coincé, le Monstre qui s'enraye... «Personne n'a été blessé lors de ces interruptions, souligne Anne-Marie Desautels, porte-parole de La Ronde. C'est justement parce que les systèmes de sécurité fonctionnent bien que tout s'est déroulé sans problème durant ces incidents. Les gens ont eu peur, mais personne n'a jamais été en danger.»

Mère Nature a également fait des siennes, refusant de donner un coup de pouce au parc d'attractions et ternissant davantage l'image de la saison 2003. L'exécrable mois de mai et le pluvieux mois de juillet ont privé La Ronde de précieux rayons de soleil.

Ce cocktail de petits pépins fait en sorte que l'achalandage de 2003 a légèrement baissé par rapport à 2002, qui elle, «était une année exceptionnelle». L'administration refuse de donner les chiffres exacts, prétextant la confidentialité des données. «La baisse n'a rien de dramatique, soutient Anne-Marie Desautels. Il y a tout de même eu plus de monde qu'en 2001. Nous sommes satisfaits en général.»

La porte-parole estime que l'image de La Ronde n'a pas été touchée par les mésaventures de l'été. «Il y a eu une certaine presse négative à laquelle nous ne sommes pas habitués, dit-elle. On espère juste passer à autre chose et bien commencer la prochaine année.»

Même si le parc d'amusement ne reçoit plus d'enfants la semaine en raison de la rentrée scolaire, la saison 2003 n'est pas complètement terminée. La Ronde ouvre encore ses portes les fins de semaine jusqu'au 26 octobre.

Six Flags dans le rouge

La maison mère de La Ronde, Six Flags, est elle aussi en voie de connaître une saison difficile. En date du 30 juin, les revenus et l'achalandage des six premiers mois de l'année sont en baisse de 3,9 % sur 2002 dans les 39 parcs d'attractions de l'entreprise.

La multinationale de l'amusement, l'une des plus importantes du monde dans le secteur des parcs régionaux avec une présence dans huit pays, se dirige donc vers une autre année déficitaire, elle qui perd de l'argent depuis deux ans. En 2002, les pertes se sont chiffrées à 26,1 millions $US, une légère amélioration comparativement aux 49,6 millions $US de 2001. Les revenus ont quant à eux chuté de 100 millions pour atteindre 1,04 milliard $US en 2002.

Dans leur dernier bilan financier présenté le 3 août dernier, les dirigeants de Six Flags, présents au Canada uniquement grâce à La Ronde, attribuent ces revers aux investissements nécessaires dans les nouveaux parcs acquis depuis quelques années, à l'économie qui stagne aux États-Unis et à la météo, particulièrement mauvaise. L'achalandage a donc suivi la même courbe descendante, accusant un recul de 7,8 % en 2002.

Mais pour l'ensemble de l'industrie nord-américaine, les nouvelles vont en sens inverse. Selon l'International Association of Amusement Parks and Attractions (IAAPA), la fréquentation des parcs d'amusement est en hausse depuis 2000, passant de 317 millions d'entrées à 324 millions en 2002. Un bond de 70 millions d'entrées depuis 1990. Les revenus consolidés de l'industrie, après une pause en 2001, sont passés de 9,6 milliards $US en 2000 à 9,9 milliards en 2002. L'IAAPA regroupe plus de 5000 membres dans 85 pays.

Les investissements se poursuivront

Peu importe les difficultés de Six Flags, La Ronde devrait continuer à appliquer son plan de développement comme prévu, selon la porte-parole Anne-Marie Desautels. La multinationale basée à New York s'était engagée en 2001, lors de l'achat de La Ronde à la Ville de Montréal, à injecter 90 millions sur cinq ans dans l'infrastructure de l'île Sainte-Hélène.

L'implantation cette année de sept nouveaux manèges et la réfection de plusieurs toilettes au coût de 15 millions de dollars complète la phase II des investissements promis par Six Flags. La première phase de 30 millions, achevée en 2002, concernait le rajeunissement des deux entrées du site et l'érection d'une nouvelle montagne russe, le Vampire.

Reste donc la moitié de la somme à répartir sur les trois prochaines années. La porte-parole de La Ronde confirme qu'il y aura du nouveau pour 2004, même si elle refuse d'annoncer les couleurs.

Est-ce que ces investissements rendent La Ronde déficitaire pour Six Flags? «Je ne le sais pas, affirme Anne-Marie Desautels. Je n'ai pas les chiffres à ce sujet et, même si je les avais, je ne pourrais pas en parler.»

Les récentes difficultés de Six Flags ne semblent pas toucher l'optimisme des dirigeants de La Ronde, qui entrevoient le retour des beaux jours... et un peu moins d'embûches pour la saison 2004.


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