Opinion

Libre opinion: Traitement injuste du dossier Zahra Kazemi

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Émile Martel, Respectivement président et vice-président du Centre québécois du PEN international
Roger Paul Gilbert,

Édition du mercredi 17 septembre 2003

Mots clés :

M. le premier ministre Jean Chrétien, Le Centre québécois du PEN international, une association regroupant une centaine d'écrivains préoccupés par la défense de la liberté d'expression, vous exprime sa plus vive inquiétude au sujet du meurtre de Zahra Kazemi, assassinée dans une prison iranienne il y a deux mois. Les gestes du gouvernement canadien ont reflété un manque déplorable de leadership dans sa quête de justice pour une citoyenne qui a été emprisonnée, torturée et tuée tout simplement pour avoir pris des photos. La déclaration du ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, voulant qu'il ait «fait pression sur les autorités iraniennes pour qu'on fasse une enquête ouverte et transparente» est faible et irréaliste face à la réalité brutale et répressive du régime iranien.

Le Centre québécois du PEN international a pris bonne note des remarques du ministre le 4 septembre de même que de ses efforts visant le soutien éventuel des pays membre de l'Union européenne. Des pressions s'imposent de la part de la communauté internationale, notamment de la France et de l'Allemagne, pays qui ont des liens commerciaux importants avec l'Iran et qui disposent ainsi d'un levier d'influence.

Le PEN international atteste d'un long chapitre iranien en matière de suppression brutale des droits à la liberté d'expression, des droits bafoués des journalistes, de déni de justice aux familles et autres protestataires. Le Centre québécois a depuis longtemps déploré le climat d'impunité d'un régime qui permet des crimes contre ceux qui exercent leur droit de parole et d'écriture. Au cours des années 90, trois écrivains iraniens et dissidents ont été tués au cours d'une campagne de «meurtres en série». Cinq fonctionnaires du ministère des Renseignements, condamnés grâce à des preuves vidéo de leurs sévices commis sur des victimes, ont depuis été libérés en attendant leur «appel» en justice. L'avocat de deux familles des victimes assassinées, Nasser Zarafshan, a été condamné à cinq années de prison et à 50 coups de fouet. Cet événement scandaleux résulterait d'une vengeance contre Zarafshan et sa critique des meurtres, servant à la fois d'exemple et de bâillon contre toute personne cherchant à connaître la vérité dans cette affaire.

On a aussi condamné et emprisonné plusieurs autres écrivains iraniens pour avoir participé à une conférence à but social et culturel tenue en Allemagne en avril 2000. C'est dans ce contexte qu'il faut concevoir le cas de Kazemi, victime d'un climat répressif brutal contre les écrivains et les journalistes de son pays d'origine. Zahra Kazemi sera à cet égard un témoignage digne d'exposer au monde entier les violations patentes des droits de la personne en Iran.

C'est pourquoi, M. le premier ministre, le PEN international exhorte le gouvernement canadien d'adopter une position ferme et ouvertement critique du gouvernement iranien. Vous devez prendre l'initiative dans le but de rallier la communauté internationale afin d'exercer toutes les pressions nécessaires; celle-ci devra annoncer des mesures concrètes et applicables au cas où le régime de Téhéran ne se conformerait pas aux normes internationales suivant un calendrier précis de réforme. L'omission d'agir en de telles circonstances ne fera qu'inviter ce gouvernement à reléguer ces crimes aux oubliettes et ainsi condamner d'autres journalistes et écrivains iraniens à de nouvelles et sauvages persécutions.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com