Montréal - La valeur des maisons bondit de 29 %

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Jeanne Corriveau
Édition du samedi 13 et du dimanche 14 septembre 2003

Mots clés : valeur, augmentation

Le Plateau Mont-Royal figure parmi les arrondissements montréalais où la valeur des propriétés a le plus augmenté. Sur l'île de Montréal, les maisons unifamiliales ont une valeur moyenne d'un peu plus de 222 000 $, a-t-on appris hier lors du dépôt du nouveau rôle d'évaluation par la Ville de Montréal.

Photo: Jacques Grenier

La valeur moyenne des immeubles du secteur résidentiel à l'échelle de l'île de Montréal a bondi de 29 %, révèle le rôle d'évaluation déposé hier par la Ville de Montréal. Du jamais vu en 15 ans. Les contribuables des arrondissements centraux, tels Verdun, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et Plateau Mont-Royal, risquent d'en faire les frais lorsqu'ils devront acquitter leur compte de taxes l'an prochain.

Prenant la relève de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), disparue à la suite des fusions municipales, la Ville de Montréal a donné hier un avant-goût de ce que réservent les comptes de taxes des prochaines années. Basé sur l'état du marché de juillet 2002, le rôle triennal d'évaluation déposé hier s'appliquera pour les années 2004, 2005 et 2006. L'augmentation de la richesse foncière s'établit à 22,7 %, et on signale des hausses dans toutes les catégories d'immeubles, qu'il s'agisse du secteur résidentiel (29 %) ou non résidentiel (15,2 %).

Dans le secteur résidentiel, c'est l'arrondissement de Verdun qui remporte la palme avec une augmentation de 38 % de la valeur des immeubles. Suivent Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (37 %), le Plateau Mont-Royal (36 %), Côte-Saint-Luc-Hampstead-Montréal-Ouest (35 %) et Westmount (35 %). À l'autre extrémité du spectre logent Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles-Montréal-Est (19 %) et Anjou (20 %).

Les hausses sont particulièrement marquées dans la catégorie des condominiums. Dans Westmount, par exemple, leur valeur a en moyenne augmenté de 45 %. Celle des unifamiliales de l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce a bondi de 47,6 %.

Si, pour Frank Zampino, responsable des finances au comité exécutif de la Ville de Montréal, la hausse spectaculaire des valeurs foncières «est le reflet de la vitalité économique de Montréal», elle est moins réjouissante pour les contribuables, prompts à conclure qu'ils en paieront le prix lorsqu'ils acquitteront leur compte de taxes.

Frank Zampino répète qu'il est hors de question pour la Ville d'augmenter le fardeau fiscal global des Montréalais. «C'est dans l'intérêt de notre administration de ne pas se retrouver dans une situation où les taxes pour les contribuables seraient démesurées», dit-il.

Ainsi, pour compenser la hausse de 29 % enregistrée dans le secteur résidentiel, l'administration entend réduire dans une proportion semblable le taux de taxes. «Tous ceux qui se retrouvent avec des évaluations au-dessus de 29 % risquent d'avoir des augmentations du compte de taxes. À l'inverse, tous ceux qui se retrouvent avec des augmentations des valeurs inférieures à cette moyenne de 29 % dans le secteur résidentiel vont pouvoir bénéficier de réductions du compte de taxes», résume M. Zampino. Dans Verdun par exemple, où la hausse de la valeur des propriétés est de 38 %, le compte de taxes moyen pourrait augmenter de 9 %.

La Ville compte également appliquer des mesures d'atténuation comme un étalement sur trois ans des hausses de l'évaluation et l'imposition de taux variés. Le comité exécutif se penchera sur la question au cours des prochaines semaines en prévision du dépôt du budget, fin novembre.

Augmentations des valeurs foncières ou pas, les contribuables de 12 ex-villes de banlieue devront continuer de s'acquitter de la hausse de taxes supplémentaire de 5 % liée au processus d'harmonisation de l'impôt foncier. Rappelons que la loi 170 prévoit l'atteinte, en 2011, d'un taux uniforme de taxation à l'échelle de l'île.

À cet égard, les propriétaires de Westmount sont les moins gâtés puisque cette ex-municipalité est l'une de celles qui ont le plus de rattrapage à faire pour atteindre le taux de taxation cible. De plus, la hausse des valeurs foncières des propriétés qui s'y trouvent figure parmi les plus élevées de l'île. Frank Zampino souligne d'ailleurs que la baisse du taux de taxation permettra à ces ex-municipalités d'atteindre dans des délais plus courts le taux cible de 1,53 % envisagé pour 2011.

Du côté du secteur non résidentiel, ce sont les édifices de bureaux qui subissent les variations les plus importantes avec des augmentations de 22,1 % par rapport au dernier rôle d'évaluation de 2001. La catégorie de l'hôtellerie enregistre pour sa part une hausse de 12,3 %, ce qui fait dire à l'évaluatrice de la Ville, Francine Godin, que l'industrie hôtelière montréalaise s'est relevée avec plus d'aplomb des conséquences du 11 septembre 2001 que celle de Toronto et de Vancouver.

Les contribuables qui désirent connaître la nouvelle valeur accordée à leur propriété peuvent consulter le site Internet du Service d'évaluation de la Ville (evalweb.cum.qc.ca). Les propriétaires mécontents ont jusqu'au 30 avril 2004 pour réclamer une révision de cette évaluation.


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