Fonction publique - Le SFPQ lance la ronde de négociations avec l'État
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Les principaux syndicats discutent de la formation d'un front commun
Québec - Le bras de fer entre le gouvernement Charest et les syndicats vient de débuter dans le dossier du renouvellement des conventions collectives des quelque 430 000 employés des secteurs public et parapublic. La toute première séance de négociations a en effet eu lieu hier entre les représentants du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et ceux du Conseil du trésor.Lors de cette rencontre, qui a débuté en matinée pour se terminer vers 16h00, le SFPQ a présenté le premier chapitre de son projet de convention collective. Le syndicat souhaite notamment des améliorations quant aux programmes d'accès à l'égalité en emploi et aux programmes d'aide aux employés, entre autres au chapitre du harcèlement psychologique et sexuel. Les deux parties ont également planifié les rencontres à venir jusqu'au mois de décembre.
Il ne s'agit toutefois que d'un modeste début, puisqu'aucun autre syndicat n'a entamé de telles discussions avec Québec. Qui plus est, les représentants du Conseil du trésor ont davantage écouté le SFPQ qu'ils n'ont évalué la pertinence des revendications du syndicat. Il n'a été aucunement question non plus de l'épineux sujet des conditions salariales.
Une étude de l'Institut de la statistique du Québec, rendue public en novembre dernier, démontre en effet que les employés des secteurs public et parapublic ont une rémunération globale -- avantages sociaux et salaire combinés -- inférieure de 7,8 % par rapport à l'ensemble des travailleurs québécois. Au chapitre des salaires seulement, les employés de l'État accusent un retard de 9,7 % par rapport à l'ensemble des autres salariés.
Les syndicats veulent discuter ensemble de ce point majeur avec le gouvernement. Trois syndicats -- la CSN, la FTQ et la CSQ -- discutent sérieusement de la formation d'un front commun, alors que le SFPQ souhaite également rejoindre cette coalition éventuelle. «Nous mettons ensemble nos travaux sur la politique salariale, entre autres, pour voir si on est capable de se rejoindre. Ça avance assez rapidement», a affirmé Raymond Forget, porte-parole de la FTQ. «Un front commun, ce n'est pas une formule magique. Ça suppose une vision partagée, des revendications communes, une même lecture de la conjoncture. Il faut avoir un plan de match cohérent. Nous avons plusieurs échanges là-dessus», a indiqué Claudette Carbonneau, présidente de la CSN, qui compte 145 000 membres dans les secteurs public et parapublic.
Les discussions sur la formation d'un front commun sont d'autant plus pertinentes à leurs yeux que l'agenda politique du gouvernement Charest fragiliserait les acquis syndicaux. «Quand le gouvernement parle de réingénierie, ça rime souvent avec démantèlement, délestage, partenariats public-privé. Et ça, ça nous inquiète et ça attaque les conditions de travail de nos membres», a lancé Réjean Parent, président de la CSQ.
Les syndicats estiment ainsi que les négociations à venir s'annoncent ardues. «Les négociations dans le secteur public n'ont jamais été faciles, mais, dans les conditions actuelles, ce sera plus difficile que jamais», a souligné Michel Sawyer.
Le dossier de l'équité salariale, qui va de report en report, fait partie des discussions entre les centrales syndicales. Elles cherchent à faire pression sur la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, pour qu'elle présente la position de son gouvernement. Les syndicats avaient expressément reporté d'un an le renouvellement des conventions collectives, qui ont expiré le 30 juin dernier, pour régler d'abord la question de l'équité salariale. Depuis le printemps, le gouvernement repousse l'échéancier pour présenter un règlement. «On ne se contentera pas de se faire dire par le gouvernement qu'il va nous rappeler quand il aura le temps», a assuré Claudette Carbonneau. La facture totale pour l'État d'un règlement sur l'équité salariale se chiffrerait en centaines de millions de dollars.
Québec a déniché un homme d'expérience pour faire face aux syndicats durant les négociations sur le renouvellement des conventions collectives. Le négociateur en chef du gouvernement est Jean-François Munn, qui a déjà été coordonnateur des négociations dans le secteur public au début des années 80 pour la CSN, avant de faire carrière dans la haute fonction publique et le secteur privé. Son contrat, d'une durée d'un an, stipule qu'il recevra 240 $ l'heure, mais sa rémunération ne pourra toutefois excéder 2000 $ par jour. La limite de son salaire annuel a été fixée à 250 000 $.

