Une trempette dans le fleuve
Mots clés : baignade
Des citoyens réclament des mesures permettant de pouvoir enfin se baigner dans le Saint-Laurent

Photo: Jacques Nadeau
Une récente étude réalisée par le Réseau de suivi du milieu aquatique (RSMA) à la Ville de Montréal révélait en effet que plusieurs sites autour de l'île étaient maintenant sécuritaires pour la baignade. La semaine dernière, le biologiste Guy Deschamps, responsable du RSMA, a analysé avec son équipe l'eau du fleuve dans le Vieux-Port et celle-ci présentait un taux de coliformes fécaux assez faible pour permettre une petite brasse dans l'eau.
«Le fait de pouvoir se baigner est bon pour la santé physique et mentale. Il faut se réapproprier l'idée qu'il est possible de se baigner dans le fleuve. Il faut multiplier les points de baignade à proximité des gens. Le fleuve est partout autour des gens à Montréal, mais les Montréalais ne peuvent pas en profiter», car les rives ne sont pas aménagées pour recevoir des baigneurs, explique le porte-parole de la Corporation Saint-Laurent, Pierre Lussier.
Des citoyens de Québec sont venus appuyer les Montréalais dans leurs demandes et ont sauté à leurs côtés dans les flots. «On pense qu'en Amérique et au Québec, ça pourrait être la même chose qu'en France et en Europe de l'Est: on rentre dans l'eau et on en sort sans payer. Les gens dépensent leur argent autour des sites de baignade», affirme Léonce Naud, de la Société des gens de baignade de Québec. «On peut voir qu'en France, Paris-Plage est succès extraordinaire, et c'est grâce à la proximité», ajoute M. Naud.
Le cas de Sorel
Le maire de Sorel-Tracy, Marcel Robert, s'est joint aux baigneurs pour demander à la Ville de Montréal de désinfecter ses eaux usées qui sont rejetées dans le fleuve dans l'est de la ville. Les eaux usées sont actuellement traitées, mais non désinfectées. «Montréal rejette plus de cinq millions de coliformes fécaux pour 100 ml d'eau [la norme pour la baignade est de 200 coliformes fécaux pour 100 ml d'eau]. L'eau s'en va ensuite vers Sorel-Tracy, à l'embouchure du lac Saint-Pierre, qui est reconnu par l'UNESCO comme réserve mondiale de la biosphère depuis 2000», déplore M. Robert.
«Il y a 40 ans, Sorel était une région où il y avait les plus belles plages du Québec. C'est considérable le développement récréo-touristique qui serait possible de faire dans ce coin-là», soutient le maire. «Mais la qualité de l'eau doit nécessairement s'améliorer, sinon on ne pourra jamais développer la région de façon intéressante.» M. Robert explique que la technologie existe pour désinfecter l'eau, et que la Ville de Montréal doit maintenant se décider à l'implanter.
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