Londres simule un attentat chimique pour mieux se préparer à l'inévitable
Mots clés : attentat

Photo: Agence Reuters
Le scénario retenu rappelle étrangement l'attentat au gaz sarin perpétré par la secte japonaise Aoum dans le métro de Tokyo en mars 1995, qui avait fait 12 morts et des milliers de blessés.
L'exercice londonien, visant à tester de nouveaux équipements de décontamination, a lui aussi simulé une attaque à un produit chimique indéterminé dans l'antique «Tube» londonien, à la station Bank.
Hier peu avant midi, le conducteur d'une rame signalait l'incident à son centre de contrôle. La rame s'immobilise à une cinquantaine de mètres de la station. Quelques minutes plus tard, les premiers véhicules de secours sont sur place, aidés par le trafic dominical quasi inexistant dans ce quartier de bureaux.
Rapidement, les pompiers installent des tentes de décontamination orange près des entrées du métro Bank, alors que les rues avoisinantes sont fermées à la circulation. Des experts en combinaison de protection, armés d'appareils de détection, tentent de déterminer la nature du mystérieux agent chimique.
Lorsqu'arrivent en surface les premières «victimes» -- jouées par une soixantaine d'apprentis-policiers -- valides --, elles se voient remettre une ample cape en plastique orange à l'abri de laquelle ils se débarrassent de leurs vêtements contaminés. Les premiers soins sont donnés sur place, les cas les plus graves étant transférés vers l'hôpital le plus proche.
Quelque 120 mètres sous terre, dans la station et la pénombre du tunnel, les secouristes s'affairent avec méthode et dans le calme, loin de la panique qui ne manquerait pas d'agiter la scène en cas de véritable attentat.
Un succès
«Notre première opinion à la fin de l'exercice est que les éléments que nous avions prévu de tester ont bien fonctionné», a déclaré le secrétaire d'État chargé de la protection civile, Nick Raynsford, à la fin de l'exercice. Les autorités ont pris soin de préciser que cet exercice, planifié depuis de longs mois, ne répondait à aucune menace terroriste spécifique.
«Nous devons tester notre réponse à ce qui pourrait se passer en cas d'attaque terroriste, a expliqué hier le ministre des Transports, Alistair Darling. Malheureusement, nous vivons dans un monde où une attaque contre Londres ne peut être exclue.»
Jeudi dernier, le ministre de l'Intérieur David Blunkett avait prévenu qu'un attentat suicide à Londres serait une «conclusion logique» de l'engagement de la Grande-Bretagne aux côtés des États-Unis dans la lutte antiterroriste depuis le 11 septembre 2001.
Il s'était toutefois refusé à utiliser l'adjectif «inévitable» comme l'avait fait la veille le chef de Scotland Yard John Stevens.

