Le gouvernement Charest a un agenda chargé pour la rentrée - Un automne exigeant
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Saint-Sauveur - Le gouvernement Charest s'attelle à un automne particulièrement chargé entre les défusions qui raniment le clivage linguistique à Montréal, la réingénierie qui doit préparer la voie aux baisses d'impôt, les services de garde, dont on veut revoir le financement ainsi que l'universalité, et le réseau de la santé, dont on promet une amélioration tangible.Le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, est venu expliquer qu'il avait un plan B pour sauver le Grand Prix de Montréal (c'est-à-dire suspendre l'application de la loi antitabac pendant trois jours) mais que le gouvernement misait plutôt sur un plan A (sans modification de la loi). De toute manière, Ottawa, qui doit modifier sa propre loi antitabac pour que le plan B puisse être déployé, a catégoriquement refusé de le faire. Quelques heures plus tard, il n'y avait donc plus de plan B.
Mais la F1, c'est de la petite bière. Pour M. Fournier, qui défend ses projets de loi sur «l'adhésion aux nouvelles villes» et sur les défusions, l'automne sera particulièrement exigeant. Et sa saison commence dès mardi avec la comparution du maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui marque le début de la commission parlementaire sur les défusions. L'épreuve, au cours de laquelle on attend 91 groupes, s'étendra jusqu'à la mi-octobre. Hier, le ministre a dû reconnaître qu'il existe une dimension linguistique aux défusions sur l'île de Montréal alors qu'un sondage publié dans The Gazette et Le Journal de Montréal montre que les anglophones sont beaucoup plus nombreux à favoriser les défusions tandis que plus des deux tiers des francophones penchent pour la nouvelle ville.
Le casse-tête des garderies
Mais le dossier qui donne le plus de mal au gouvernement Charest, c'est celui des services de garde. On veut en offrir à toutes les familles qui en veulent. Or on estime que l'État n'en a pas les moyens: le régime actuel, lorsqu'il sera pleinement déployé, coûterait trop cher, une note annuelle de quelque 1,5 milliard. On projette donc de mettre fin à l'universalité en faisant payer davantage les familles de la classe moyenne supérieure. On veut aussi diversifier l'offre de service en permettant à des garderies privées de réclamer davantage que le tarif quotidien de 5 $.
Au cabinet de Jean Charest, on n'est pas tout à fait insensible à la grogne et à l'inquiétude que ce plan de match suscite. Mais on rappelle que les gens qui s'opposent aux visées du gouvernement en matière de services de garde ont voté contre les libéraux lors des dernières élections. Qui plus est, le gouvernement Charest tire la légitimité pour les virages à droite qu'il propose du fait que tant les citoyens qui ont voté libéral que ceux qui ont opté pour l'Action démocratique du Québec, soit plus de la moitié de la population, ont choisi ce type de changement, raisonne-t-on.
La bonne surprise pour le gouvernement Charest, c'est la performance du ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard. Doté d'une intelligence remarquable, rompu à l'administration des réseaux de la santé (ce qui ne va pas de soi pour un médecin, une profession qui produit habituellement de bien piètres administrateurs), M. Couillard a réussi à convaincre les gestionnaires du réseau de la santé de travailler dans le sens des objectifs du gouvernement, notamment à l'abolition des régies régionales de la santé et des services sociaux. Les RRSSS travaillent à leur propre disparition!, s'exclame-t-on dans l'entourage du premier ministre.
Un autre chantier qui revêt beaucoup d'importance pour le gouvernement Charest, c'est celui de la réingénierie de l'État sur lequel il compte pour fournir de meilleurs services à la population, et ce, à meilleur coût. La présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, a formé cet été un secrétariat à la réingénierie. D'ici quelques semaines, elle doit recevoir de chacun des ministères leur plan de transformation des services de l'État, qui rimera inévitablement avec des compressions.
Mais aux yeux du gouvernement Charest, le grand défi, c'est que la population, au delà de la réingénierie et des promesses en matière de santé, perçoive une amélioration des services gouvernementaux. Au cabinet du premier ministre, on est conscient que les baisses d'impôt à elles seules ne suffiront pas à rapporter sur le plan politique et qu'elles doivent coïncider avec des services de meilleur qualité.
Les familles de la classe moyenne avec de jeunes enfants, même si elles paient plus cher pour les services de garde et l'électricité, devront avoir davantage d'argent dans leurs poches dès la première baisse d'impôt, assure-t-on. C'est peut-être la quadrature du cercle, mais c'est l'objectif que poursuit le gouvernement Charest.
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