400e anniversaire de Québec - L'Allier demande à la France un cadeau de 23 millions

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Tommy Chouinard
Édition du mercredi 03 septembre 2003

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Québec -- Le 400e anniversaire de Québec, qui aura lieu en 2008, ce n'est pas seulement la fête d'une ville, c'est aussi et surtout celle de l'implantation définitive du fait français en Amérique. C'est l'argument principal que plaide le maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, pour réclamer aux Français un cadeau majestueux, la «place de la France», un projet architectural monumental évalué à environ 23 millions de dollars. L'Hexagone se montre ouvert.

Jean-Paul L'Allier a fait part de ce projet hier en conférence de presse. Cette place publique serait sise dans le secteur de l'autoroute Dufferin-Montmorency et de l'avenue Honoré-Mercier, près du parlement, au coeur de la vieille ville. Un escalier composé de quatre paliers représentant chacun un siècle d'histoire relierait la haute et la basse ville. Un vaste parc serait aménagé au bas de l'escalier, alors qu'un monument de 45 mètres, fait de quatre tiges de métal, surplomberait le site et rappellerait de façon stylisée un tipi amérindien, tout en évoquant la tour Eiffel. Les quatre pointes du monument se croiseraient pour former une fleur de lys. «Il faut que ce soit spectaculaire sans tomber dans le charriage», a résumé le maire.

Ce projet n'est pas coulé dans le béton, prévient-il, puisque les Français l'étudient toujours et pourraient bien faire d'autres propositions. Le président français, Jacques Chirac, s'est dit d'accord en principe avec «un geste urbain significatif» qui montrerait «la fierté de la France pour la francophonie en Amérique», a souligné M. L'Allier, qui a présenté son projet à M. Chirac cet été à Paris. «[Les Français] ont trouvé que c'était un beau projet. La somme de 23 millions [que nécessiterait la construction de la place de la France] n'a pas posé de problème lors de nos discussions», a-t-il ajouté.

Si la France devait refuser le projet, Jean-Paul L'Allier estime que le réaménagement de ce secteur devrait être réalisé d'une façon ou d'une autre, puisque deux bretelles d'autoroute inutilisées sont aujourd'hui non sécuritaires et que les liens entre la haute ville et la basse ville ne sont pas suffisamment nombreux.

L'opposition à l'hôtel de ville dénonce ce projet et estime que des besoins plus criants se font sentir ailleurs. «On ne peut pas demander à la France un hôpital, un foyer pour personnes âgées, des centres de garderie, une bibliothèque, a dit le maire pour se défendre. On y a pensé avant: que peut-on demander à un pays étranger et ami de faire sans passer pour des gens qui quêtent? On n'est pas un pays d'Afrique, ici. On voulait donner l'occasion aux Français de se manifester, et ça se fait habituellement par des places publiques ailleurs dans le monde. Ce n'est pas un projet de "pêtage" de bretelles!»

Des pourparlers ont cours actuellement avec Ottawa et Québec pour d'autres projets afin de souligner le 400e anniversaire de la plus ancienne ville au nord du Rio Grande. L'assainissement de la rivière Saint-Charles et la transformation du boulevard Champlain, situé le long du fleuve entre les ponts et la place royale, en promenade côtière en font notamment partie. La Ville de Québec souhaite aussi accueillir deux ou trois étapes du Tour de France en 2008.


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