Opinion
Contre l'extrémisme de la Fierté (1)
Mots clés :
Il n'est pas nécessaire d'être un fondamentaliste religieux ou un fanatique de droite pour être opposé au mariage gai
«Quand on ne danse pas avec les sodomites, on n'existe pas.» - Camille PagliaOn peut aisément défaire l’idée du mariage de même sexe sans la moindre référence à l’Écriture sainte ou à une doctrine d’Église. Personnellement, je déteste toutes les formes de dogme, religieux ou activiste gai. Mais je reconnais la vérité universelle qu’aucune des religions importantes du monde n’a jamais approuvé l’homosexualité, laquelle ne peut être pratiquée ouvertement qu’en des périodes pacifiques, riches et cosmopolites. Même dans l’Antiquité classique, l’homosexualité était controversée et, en dépit des prétentions exagérées des partisans de l’heure, il n’a existé aucun endroit ni aucune période où elle s’est exercée dans l’absence complète de flétrissure morale.
Au lieu d’invectiver le Vatican et de citer de travers Mgr Henry, la foule qui réclame «le choix et la diversité» ferait bien de lire la presse gaie, ordinairement à la remorque de la ligne de parti activiste et qui est pourtant pleine d’articles, d’éditoriaux et de lettres au rédacteur qui démolissent et tournent en ridicule l’idée du mariage de même sexe. Il est clair qu’une grande majorité d’entre nous n’éprouve ni le besoin ni l’envie d’un mariage gai. Les écrivaines lesbiennes Jane Rule et Camille Paglia, la drag-queen Sky Gilbert et feu le pionnier de l’activisme Harry Hay font partie des nombreux adversaires éminents contre cette parité imposée. Nous n’avons pas besoin ni ne voulons de l’État dans nos chambres à coucher.
Nous n’avons pas besoin ni ne voulons être enchaînés par des règles, des règlements et de la paperasse. Nous avons déjà gagné la bataille des avantages pour le même sexe, de sorte qu’il n’existe plus de souci en ce qui concerne les pensions et la propriété. Que les hétéros conservent leur mariage. Nous voulons être libres de l’esprit commun, homogène et égalitaire qui est en train de détruire ce qu’il reste de la culture gaie.
Même le mariage-spectacle gai du 14 janvier 2001, à la Metropolitan Community Church de Toronto, traité comme l’événement social de la saison par les médias en délire, a été évité et ridiculisé par la communauté gaie. Mieux vaut demeurer à la maison et nettoyer le réfrigérateur lorsque votre image publique est pareillement représentée par de tels spécimens de martyrs larmoyants qui s’imaginent être des pionniers et des révolutionnaires alors qu’ils ne font que renforcer tous les préjugés contre nous.
En tant qu’homme gai déclaré, je n’éprouve aucune difficulté à concéder que l’hétérosexualité est et sera toujours la norme humaine généralisée. Mais je n’ai pas de temps à perdre avec la mentalité moderne et gentille de culture pop qui met facilement l’homosexualité et l’hétérosexualité dans le même panier sans aborder les questions profondes de la psychologie humaine au delà de la dichotomie superficielle du progressisme par rapport au conservatisme et de la liberté par rapport à l’oppression. J’ai encore moins de temps à perdre avec les demandes insatiables, infantiles et braillardes de mes frères et sœurs radicaux qui voudrait transformer la Terre entière en un placard.
Mythes, distorsions et propagande
Aussi, j’ai mis sur pied HOPE (Homosexuels opposés à l’extrémisme de la Fierté) en 1997 afin:
n de dénoncer les mensonges, les mythes, les distorsions et la propagande de l’activisme gai contemporain;
n de désarticuler la politique de l’oppression et de la victimologie;
n de donner la parole aux gais et aux lesbiennes qui sont heureux et indépendants, qui ont réussi leur vie, qui ne se lèvent pas chaque jour avec «la haine, la bigoterie et la discrimination» qui les menacent sous leur lit et qui ne se précipitent pas auprès des cours de justice, des gouvernements ou des comités des droits de la personne pour une vie de préférences thérapeutiques.
Ces six dernières années, ma position présumément controversée m’a valu une attention considérable de la part des médias, me permettant des articles, publiant des articles me concernant, tant dans la presse gaie que dans la presse traditionnelle, m’accordant la participation à des entrevues et à des débats à la radio et à la télévision. En avril 2001, on m’a demandé une déclaration assermentée en faveur des répondants dans les cas de mariage de même sexe devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique.
La plupart des Canadiens estiment que les gais et lesbiennes devraient avoir le droit de s’engager dans n’importe quelle sorte de sexualité consensuelle selon leurs préférences et d’organiser leur vie de la façon qui leur plaît. Mais j’en ai marre de ce mantra activiste qui voudrait que ma dignité et mes relations soient dévaluées parce que l’État ne veut pas légiférer sur un mariage de même sexe. Et je ne suis pas inquiet et égoïste au point d’exiger que le mariage soit redéfini pour le reste du monde. Le mariage n’est pas une convention arbitraire et ne doit pas changer avec le temps qui passe. On ne parle pas de musique, de mode ou d’art. On parle d’une institution dont les quatre interdits (on ne peut marier qu’une personne à la fois, une personne de l’autre sexe, une personne qui n’est jamais sous un certain âge et qui n’est pas de parenté rapprochée) ont été fixés dans la morale et dans la loi pendant des millénaires. L’humanité aspire à de tels facteurs stabilisants dans notre monde kaléidoscopique. Si nous abandonnons ces normes, alors tout devient légal et tout devient moral. Si on accorde les mariages gais (une prérogative des empereurs romains les plus décadents), pourquoi alors ne pas accepter la polygamie? Pourquoi pas l’union frère et sœur, parent et enfant?
Il n’est pas nécessaire d’être un fondamentaliste religieux ou un fanatique de droite pour être opposé au mariage gai. On notera qu’une coalition multiconfessionnelle de catholiques, de sikhs, de musulmans, d’anglicans et d’évangélistes est intervenue dans le débat judiciaire portant sur l’acte du mariage et compte mener jusqu’au bout le combat contre ce nihilisme. Le fait qu’un regroupement aussi divers d’organisations religieuses pourtant en désaccord sur de nombreux points d’ordre doctrinal, théologique et pratique soit unanime dans la défense du mariage montre clairement un souci majeur envers cette question. Par conséquent, les gais devraient cesser de rouspéter contre les chrétiens, les juifs et les musulmans sincères qui exercent leur droit constitutionnel de liberté d’expression sur le sujet de l’homosexualité et dont la vaste perspective philosophique triomphe facilement du provincialisme et de l’amoralité du monde gai. En effet, leur position est plus crédible et honnête que la casuistique tortueuse des ecclésiastiques intéressés qui prennent le chemin de la moindre résistance en créant leur propre église sur mesure pour proclamer leur philosophie de l’arc-en-ciel.

