Meurtre de Zahra Kazemi - L'Iran inculpe deux agents

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Alec Castonguay
Édition du mardi 26 août 2003

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L'Iran a finalement trouvé ses coupables pour le meurtre de la photojournaliste montréalaise d'origine iranienne, Zahra Kazemi. La république islamique a annoncé hier l'inculpation de deux agents des services de renseignements pour le «meurtre quasi intentionnel» lors de la détention de Mme Kazemi.

Les deux individus, sur lesquels aucune précision n'a été fournie, mais qui seraient présentement détenus, auraient interrogé la journaliste entre le moment de son arrestation, le 23 juin, et son hospitalisation, le 27 juin.

La présidente canadienne de Reporters sans frontière, Tanya Churchmuch, a appris avec satisfaction la décision iranienne, mais a déploré qu'on n'ait pas révélé l'identité des personnes citées à procès et qu'on n'ait pas exposé la nature exacte des accusations. Mme Churchmuch se demande même si tous les responsables dans cette affaire seront connus et punis un jour.

Très peu de chance, selon Hossein Mahoutiha, coordonnateur de l'Association de la défense des droits de l'homme en Iran, section Montréal. «Si on regarde le passé du régime iranien, notamment le meurtre des écrivains et des étudiants en 1999, ils ont toujours inculpé des gens des renseignements sans grand impact, explique-t-il. C'est une manoeuvre pour éteindre l'affaire, parce que le gouvernement iranien ne veut pas aller plus loin dans son enquête. S'ils avaient vraiment voulu faire la lumière, ils auraient accepté une autopsie et une enquête indépendante.»

Hossein Mahoutiha demande au gouvernement canadien de maintenir la pression et de ne pas se contenter de ces «accusations de façade». France Bureau, porte-parole du ministre des Affaires étrangères du Canada, Bill Graham, dit attendre la confirmation de la nouvelle à son ambassade d'Iran avant de se prononcer. «On veut savoir qui a été inculpé et s'ils font partie des cinq personnes déjà détenues dans cette affaire, a-t-elle dit. On va éclaircir ça quand on aura une copie du rapport, probablement demain [aujourd'hui].»

Il n'est toujours pas question de remettre en poste l'ambassadeur canadien en Iran, Philip MacKinnon, qui avait été rappelé le 23 juillet dernier à la suite des tensions entre Ottawa et Téhéran dans cette affaire.

La photographe est décédée le 10 juillet dernier d'une hémorragie cérébrale après avoir été frappée à la tête au cours de son interrogatoire. Elle avait été arrêtée alors qu'elle prenait des photos d'une prison, au nord de Téhéran. Sa mort violente et son inhumation rapide dans son village natal de Chiraz, à l'encontre des voeux de sa famille, dont son fils, Stephan Hachemi, qui vit toujours à Montréal, ont choqué les autorités canadiennes. Ottawa avait alors rappelé son ambassadeur en guise de protestation et en attendant les résultats de l'enquête.


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