Incendies de forêt en Colombie-Britannique - Un répit qui pourrait être de courte durée
Mots clés : feu, kelowna
Si 3000 résidants ont pu regagner leur foyer, il reste toujours 20 000 évacués

Photo: Agence Reuters
Environ 3000 résidants de la banlieue Nord de Kelowna ont toutefois pu retrouver leur demeure hier, mais devaient rester prêts à quitter les lieux en moins d'une heure si les feux devenaient plus menaçants. Il reste toujours 20 000 personnes évacuées, qui sont logées chez des amis, dans des hôtels, des églises ou des arénas de hockey, et 17 000 habitants étaient toujours en alerte d'évacuation hier après-midi.
Le premier ministre Jean Chrétien s'est rendu hier à Kelowna et a survolé la région en compagnie du premier ministre de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, pour constater l'état des dommages. «La dévastation est incroyable», a déclaré M. Chrétien en conférence de presse hier. «Mais la solidarité entre les gens m'a impressionné», a-t-il ajouté, sans toutefois préciser de quelle façon le gouvernement fédéral allait venir en aide à la province. «Il y a des programmes pour ça, et nous ne sommes pas ici pour parler d'argent, mais pour lutter contre les feux», a affirmé M. Chrétien aux journalistes.
Évacués inquiets
Certains évacués craignent pour l'état de leur maison, car les autorités de la ville de Kelowna ont annoncé qu'un imposant mur de feu avait détruit 244 résidences. Le chef du service des incendies de la ville, Gerry Zimmerman, a indiqué en conférence de presse que des photos aériennes de la région devaient être présentées hier aux habitants de la ville pour qu'ils déterminent si leur maison a été touchée par les flammes.
«Ce ne sera pas un moment facile, ni pour nous, ni pour les résidants», a déclaré M. Zimmerman. Trois pompiers se sont d'ailleurs fait ravir leur maison par les flammes, «mais il est impossible de les retenir et ils sont déjà retournés au front» pour lutter contre les feux, a affirmé le chef du service des incendies.
Dans la nuit de samedi à dimanche, la situation s'est légèrement calmée et aucune maison n'a été détruite depuis. «Le moral est revenu chez les pompiers, et ils ont pu se reposer un peu», a assuré M. Zimmerman.
«Nous avons pu faire des progrès importants sur le flanc nord et l'incendie se poursuit vers l'est, vers des terrains boisés, loin des résidences», a précisé le responsable de l'information au Service des forêts de la Colombie-Britannique, Kevin Matula. «Nous sommes fatigués, mais nous n'allons pas démissionner, a-t-il ajouté. C'est notre métier, et nous allons continuer à travailler pour contenir ces incendies massifs.»
M. Matula a également remercié les autres provinces pour leur aide ainsi que l'armée canadienne, qui a déployé plus de 1000 soldats dans la région pour aider les pompiers de la région et faciliter l'évacuation des résidents.
L'aide du Québec
«Il y a peut-être moins de maisons qui brûlent, mais la forêt est toujours aussi sèche qu'elle était. Il y a 843 feux actifs en Colombie-Britannique, dont 12 nouveaux depuis hier [samedi]. Ce n'est pas parce que des évacués peuvent regagner leur maison que la situation n'est pas moins critique qu'elle était», a précisé hier au Devoir l'officier de liaison de la Société de protection des forêts contre le feu du Québec (SOPFEU), Vincent Demers, qui se trouve présentement en
Colombie-Britannique.
La SOPFEU a dépêché il y a plusieurs jours dans les régions de Kelowna et Kamloops des
effectifs et de l'équipement pour prêter main-forte aux pompiers locaux. Ainsi,
46 sapeurs québécois sont sur place, cinq avions-citerne, plus de 200 moto-pompes et 110 asperseurs.
Les sapeurs québécois travaillent principalement au sol et construisent des lignes d'arrêt pour tenter d'empêcher la propagation du feu. «Les conditions de terrain sont particulières, avec des pentes très abruptes et beaucoup de combustible» pour nourrir les flammes, explique M. Demers. De plus «à cause de la topographie, l'accessibilité à l'eau est limitée. Comme c'est une géographie de montagnes, il y a très peu de criques et souvent elles sont dans le bas des vallées» alors que les feux, la plupart allumés par la foudre, se trouvent en hauteur dans les montagnes. Ces conditions font en sorte que le travail des pompiers est difficile.
M. Demers a spécifié que la mission première de la SOPFEU était de protéger les forêts du Québec, mais «tant qu'on va pouvoir prêter nos ressources à la Colombie-Britannique sans mettre notre mission en péril, on va le faire».
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