Le PIB a diminué de 0,3 % en mai - L'économie du Québec continue sa décélération
Mots clés : pib, diminution
Le PIB du Québec s'est contracté, en mai, pour un troisième mois consécutif. La décélération de l'activité économique se poursuit donc, de manière plus prononcée dans le secteur manufacturier, mais ce ne serait qu'une pause avant un autre rebond qui s'annonce imminent, dans le sillage de l'éveil américain.
L'économie québécoise a été rattrapée par plusieurs événements. Pensons au SRAS et à ses répercussions sur l'industrie touristique. Pensons à la hausse-surprise du dollar canadien. Pensons au secteur manufacturier, qui subit les contrecoups du ralentissement de l'économie, américaine et mondiale. «Nous sommes revenus à une croissance modérée», a résumé Louis Gagnon. L'économiste du Mouvement Desjardins rappelle que la croissance du PIB s'inscrit tout de même en hausse par rapport à 2002. En fait, la progression après cinq mois se chiffre à 2,9 %, contre 2,6 % pour le Canada. Mais nous sommes loin du taux de 3,9 % inscrit au Québec en 2002 et de celui de 3,2 % à l'échelle canadienne.
Vitesse modérée
La décélération est réelle. Elle appelle à un retour à une vitesse modérée, qui devrait ramener le taux de croissance du PIB québécois à 2,3 % cette année. Avec un léger rebond attendu en 2004, à 2,6 %. «Au rythme de cette reprise progressive qui va se confirmer aux États-Unis d'ici la fin de 2003-début de 2004», a renchéri Louis Gagnon. Cette cible de 2,3 % demeure légèrement inférieure à celle de 2,5 % retenue par le ministre québécois des Finances, Yves Séguin, dans son budget de juin dernier. Elle s'inscrit toutefois légèrement au-dessus de la prévision de 2 % avancée par le Conference Board, qui parle cependant d'un rebond à 2,8 % en 2004.
Finalement, cette cible de 2,3 % reprend celle fixée par la Banque de Montréal, qui s'attend toutefois à ce que la croissance du PIB québécois remonte autour de 3,3 % l'an prochain. Les plus pessimistes, pour leur part, parlent d'une décélération ramenant la progression du PIB québécois autour de 2 % cette année.
En mai, la baisse du PIB provient davantage de la production de biens (- 0,7 %) que de celle de services (- 0,1 %). «L'industrie principalement responsable du recul est le secteur manufacturier, qui a ralenti dernièrement en raison de la faiblesse de l'économie américaine et du raffermissement du dollar canadien vis-à-vis de la devise américaine», a fait ressortir l'ISQ. Avec un Québec exportant quelque 40 % de sa production manufacturière, on peut mesurer tout l'effet de la mollesse du secteur extérieur combinée à un saut de 12 % du dollar canadien face à sa contrepartie américaine entre janvier et juin.
Production manufacturière en repli
Mais si l'ascension du dollar a surpris, avec l'atteinte d'un sommet à 74,97 ¢US le 13 juin -- à son niveau le plus élevé depuis novembre 1996 --, un ajustement à la baisse se vérifie depuis juin avec une vigueur renouvelée du billet vert. «Le dollar canadien demeure dans une fourchette favorable pour le secteur extérieur», a soutenu l'économiste de Desjardins.
N'empêche, la production manufacturière s'est repliée de 0,7 % en mai, enregistrant une troisième baisse mensuelle consécutive, une cinquième en six mois. Pour l'ISQ, «après une forte croissance au premier semestre de 2002, le secteur manufacturier a ralenti par la suite et la tendance est négative depuis le début de 2003. La production manufacturière est affectée par la faiblesse de l'économie américaine et par le raffermissement du dollar canadien vis-à-vis de la devise américaine, celui-ci passant de 64,13 ¢US, en décembre 2002, à 72,23 ¢US en mai 2003, soit une augmentation de 12,6 %.»
Dans ce segment, le gros de la pression est venu d'une baisse de régime dans la production de produits en bois, bois d'oeuvre en tête. Dans cette industrie, la production a reculé de 5 % en mai. Mais l'on parle, ici, d'une deuxième baisse seulement en dix mois, a noté l'ISQ, qui rappelle que «malgré ce recul, la tendance demeure positive dans cette industrie. La demande intérieure, alimentée par la bonne tenue de l'industrie de la construction, a compensé la demande extérieure anémique». Après cinq mois, la production de produits en bois était en hausse de 16,2 % par rapport à la période correspondante de 2002.
Au tonus de la construction résidentielle s'ajoute la confiance des consommateurs. Ainsi, la production de l'industrie du commerce de détail a augmenté de 0,9 % en mai, pour une cinquième hausse en six mois. Après cinq mois, elle est en augmentation de 3,9 % en comparaison avec la même période en 2002. «Elle confirme la tendance positive dans cette industrie depuis le quatrième trimestre de 2001», a ajouté l'ISQ.
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