Mégapanne: les Ontariens obéissent aux consignes

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Édition du mardi 19 août 2003

Mots clés : panne

«Les gens collaborent, mais le défi est toujours là», prévient Ernie Eves

À Toronto, le métro et les tramways ont recommencé à rouler pour la première fois après trois jours d'immobilité forcée.

Photo: Agence Reuters

Toronto -- Les Ontariens devront s'accommoder de tablettes d'épicerie à demi-vides, de journées de travail tronquées, de bureaux surchauffés et du spectre de délestages tournants pendant le reste de la semaine, alors que la province se relève peu à peu de la mégapanne qui l'a frappée la semaine dernière, de même que le Nord-Est des États-Unis.

Tandis que les gouvernements ont réduit leurs services, les industries ont limité leurs activités et les climatiseurs demeuraient silencieux. Mais les autorités ont bien averti les citoyens, hier, qu'ils avaient intérêt à continuer de ménager le fragile réseau ontarien, faute de quoi des délestages tournants pourraient survenir à tout moment. Les températures chaudes prévues pour demain et jeudi s'avéreront un véritable test de la détermination des citoyens à poursuivre leurs efforts pour freiner la demande -- notamment en se passant de climatisation.

À 15 heures, hier, la province utilisait environ 17 600 mégawatts d'électricité -- un peu plus des deux tiers de l'énergie disponible dans la province. La demande normale à cette période est de 22 000 à 24 000 mégawatts -- signe que les gens respectent les consignes sur l'économie d'énergie.

Néanmoins, le premier ministre Ernie Eves a insisté pour que les Ontariens ne relâchent pas leurs efforts. «Les gens collaborent, mais le défi est toujours là», a-t-il plaidé en conférence de presse. Plus tôt, il avait dit que la province aurait besoin «de la coopération non seulement de l'industrie et du commerce au détail, mais de l'ensemble de la population».

Il faudra peut-être attendre jusqu'à la fin de la semaine pour que le réseau électrique ontarien retrouve son fonctionnement normal.

La même chose vaut pour les marchés d'alimentation de la province. Les épiciers, dont les tablettes ont été rapidement dégarnies par des consommateurs inquiets, et qui ont dû jeter à la poubelle pour plusieurs milliers de dollars d'aliments avariés, ne prévoient pas avoir regarni complètement leurs étalages avant la fin de la semaine.

Les stations-services, dont plusieurs avaient épuisé leurs réserves de carburant dimanche dernier, étaient en train de refaire le plein, hier, alors que les automobilistes devaient toujours patienter aux pompes à essence.

À Toronto, le métro et les tramways ont recommencé à rouler pour la première fois après trois jours d'immobilité forcée, à 6 heures, hier matin. L'achalandage réduit s'expliquait vraisemblablement par le fait que gouvernements et entreprises ont respecté le mot d'ordre du gouvernement les incitant à limiter leurs activités aux services essentiels, un avis qui devrait demeurer en vigueur pendant les prochains jours.

Les responsables gouvernementaux locaux et fédéraux ont demandé à de nombreux travailleurs de demeurer chez eux ou de travailler à partir de leur domicile, et de nombreux services, de même que des musées et certains parcs, étaient fermés.

À Ottawa, les rues du centre-ville paraissaient vides, plus de 50 000 employés gouvernementaux, jugés non essentiels, s'étant abstenus d'aller travailler. Ottawa Hydro a fait savoir que la ville s'efforçait d'abaisser sa consommation de moitié jusqu'à ce que le réseau provincial soit entièrement remis sur pied.

Chez Air Canada, où des milliers de passagers avaient été victimes du chaos provoqué par l'annulation de plusieurs vols depuis jeudi dernier, on affirmait hier que la situation était revenue à la normale sur l'ensemble des liaisons du transporteur.

Même si la plupart des gens et des compagnies respectaient les appels à l'économie d'énergie, des enseignes au néon et des panneaux publicitaires encore tout illuminés suscitaient la colère du premier ministre Eves et du maire de Toronto Mel Lastman, qui ont menacé les entrepreneurs délinquants de châtiment, voire de délestages. Pendant ce temps, de gros consommateurs industriels d'énergie, comme les constructeurs automobiles, s'engageaient à réduire leur consommation de 50 %.

La situation était beaucoup moins préoccupante à New York, où des millions de personnes sont rentrées au travail en utilisant le service de transport en commun, totalement rétabli, et ailleurs dans le Nord-Est américain, où le North American Electric Reliability Council ne prévoyait pas avoir à demander à la population d'économiser l'énergie.


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