Lendemains de panne - La lumière revient, l'affrontement politique commence

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AFP
Édition du lundi 18 août 2003

Mots clés : panne, bloomberg

La bataille s'annonce féroce entre les tenants d'un renforcement des réglementations pour moderniser le réseau et les partisans d'un assouplissement pour favoriser la concurrence

Le maire de New York, Michael Bloomberg, a serré bien des mains hier au défilé du Jour de l'Inde, dans les rues de la métropole américaine. Le maire Bloomberg s'est attiré des louanges pour le sang-froid dont il a fait preuve durant le pire panne d'électricité de l'histoire de la ville.

Photo: Agence Reuters

Washington -- Le rétablissement quasi complet de l'électricité dans la région nord-est aux États-Unis a donné hier le signal du début de l'affrontement entre les tenants d'un renforcement des réglementations pour moderniser le réseau et les partisans d'un assouplissement pour favoriser la concurrence.

L'opposition traditionnelle entre démocrates et républicains sur la gestion de l'énergie est compliquée par une fronde, au sein du camp conservateur, de sénateurs du sud-est et du nord-ouest opposés à un projet retirant aux régions la gestion de la distribution pour la confier à une entité indépendante.

Ce groupe d'élus, sous la pression de compagnies électriques régionales, menacent de bloquer l'ensemble d'une nouvelle loi sur l'énergie si ce projet de la Commission fédérale de réglementation de l'énergie (FERC) n'est pas abandonné.

Le président George W. Bush, qui avait pourtant nommé le dirigeant de la FERC, Pat Wood, s'en serait déjà démarqué en prévoyant se soutenir la proposition des sénateurs pour un gel de trois ans ce plan controversé, croyait savoir hier le Washington Post.

L'une des premières mesures «à prendre par l'administration serait de mettre un terme à cet accord bichonnant les compagnies électriques du sud pour retarder le développement de lignes électriques plus robustes jusqu'en 2007», a affirmé hier l'ancien secrétaire à l'Énergie de l'administration Clinton, Bill Richardson, sur la chaîne CBS.

Les républicains, majoritaires au Sénat et à la Chambre des représentants, veulent pour leur part se concentrer sur l'augmentation des capacités de transmission d'électricité «en mettant en place des incitations et en ouvrant le secteur à la concurrence pour que davantage de gens puissent investir», a expliqué hier le secrétaire américain à l'énergie Spencer Abraham sur la chaîne Fox.

Pour les démocrates, l'obstacle principal à une réforme de l'énergie est la tentative par les républicains de faire adopter, dans la même loi, une autorisation de forages pétroliers dans les zones protégées de l'Alaska, et le refus républicain d'imposer aux constructeurs automobiles des limites de consommation.

Une urgence

«Il y a urgence, le problème c'est qu'il faut s'occuper d'abord de l'urgence, avant d'examiner les autres sujets plus difficiles, et comme le disait mon père, tuons d'abord le serpent qui est le plus près», a estimé le représentant démocrate John Dingell, membre de la commission sur l'Énergie.

Mais M. Abraham n'a donné hier aucun signe que l'administration était prête à des concessions sur les deux sujets de blocage en échange d'un texte de modernisation du réseau électrique.

«Nous allons essayer de présenter un projet de loi accomplissant autant d'objectifs que possible, nous aimerions avoir la possibilité de forer pour produire davantage de pétrole aux États-Unis», a répondu M. Abraham, interrogé sur le sujet sur plusieurs chaînes de télévision.

Le leader de la majorité républicaine à la Chambre a pour sa part rejeté en bloc la responsabilité de la panne géante sur les démocrates qu'il a accusés d'obstructionnisme et sur certaines compagnies électriques qui refusent l'ouverture du marché.

«Les Américains doivent savoir qu'il y a des gens qui, à chaque étape, nous empêchent de faire quelque chose: des compagnies qui ne veulent pas de concurrence, des démocrates à la Chambre et au Sénat et ces défenseurs de l'environnement à la noix, des extrémistes qui ne veulent rien nul part», a déclaré Tom Delay.

Depuis le début de la déréglementation du secteur énergétique en 1992, la quantité d'électricité transportée sur les lignes à haute-tension a été multipliée par quatre et la consommation américaine est passée de 2100 milliards de kW/h en 1977 à 3700 milliards en 2001, selon les chiffres du département de l'Énergie.


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